Estimer le bien et fixer le prix
Le prix se fixe à partir des ventes récentes de biens comparables, dans le même secteur et sur une période proche. Les données publiques « Demandes de valeurs foncières », diffusées gratuitement par l'administration fiscale, recensent les ventes des cinq dernières années ; les bases immobilières des notaires décrivent ces ventes avec davantage de précision. Une référence isolée trompe souvent : l'état du logement, sa classe énergétique ou la taille du terrain expliquent des écarts importants entre biens voisins.
L'avis de valeur, établi après visite, situe le bien dans une fourchette et suffit pour fixer un prix de mise en vente. Une expertise détaillée s'impose lorsque la valeur doit être justifiée auprès d'un tiers : héritiers, ex-conjoint, administration fiscale. Notre guide sur l'estimation d'un bien immobilier présente les méthodes par comparaison, par le revenu et par le coût de remplacement, et les sources de prix disponibles.
Vendre seul, par une agence ou par l'étude
Vous pouvez vendre vous-même, confier un mandat à un agent immobilier ou à une étude notariale qui pratique la négociation. Le règlement professionnel des notaires autorise cette activité, exercée sur mandat écrit ; la loi Hoguet régit les agents immobiliers, tandis que le notaire relève de son propre statut d'officier public. Les honoraires de négociation échappent au tarif réglementé : chaque étude fixe son barème, l'affiche et le reprend dans le mandat et dans chaque annonce. Notre guide sur la vente par l'intermédiaire du notaire détaille le mandat et les honoraires.
Pour un bien qui suscite l'intérêt de plusieurs acquéreurs, la vente interactive organise un appel d'offres en ligne : après quelques semaines de visites, les acquéreurs agréés déposent leurs offres pendant 24 ou 36 heures selon la plateforme, et le vendeur choisit librement celle qui lui convient. Le guide consacré à la vente interactive en décrit le fonctionnement.
Quel que soit le mode de vente, l'annonce indique le prix, les classes du diagnostic de performance énergétique et l'estimation des dépenses d'énergie, et renvoie au site Géorisques ; pour un lot de copropriété, elle précise le nombre de lots et les charges annuelles moyennes. L'état des risques est remis dès la première visite.
Le dossier du vendeur : titre, diagnostics, urbanisme
Le dossier de diagnostic technique, à la charge du vendeur, est annexé à l'avant-contrat : diagnostic de performance énergétique, audit énergétique pour une maison classée E, F ou G, constat plomb pour un logement antérieur à 1949, état amiante si le permis de construire date d'avant le 1er juillet 1997, états des installations d'électricité et de gaz de plus de quinze ans, état termites dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, état des risques, contrôle de l'assainissement non collectif. Un diagnostic manquant le jour de l'acte prive le vendeur de la possibilité de s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.
S'y ajoutent le titre de propriété, les autorisations d'urbanisme et la conformité des travaux réalisés, les factures et attestations d'assurance pour les travaux de moins de dix ans, avec la mention de l'existence ou de l'absence d'une assurance dommages-ouvrage. Notre guide sur les documents à réunir pour vendre donne la durée de validité de chaque diagnostic et la liste des pièces, et celui sur les diagnostics immobiliers obligatoires leur contenu.
De l'offre à l'acte : avant-contrat, délais et conditions
L'offre d'achat acceptée engage le vendeur ; le versement d'une somme avec l'offre la rendrait nulle. La vente se formalise ensuite par un avant-contrat. Dans la promesse unilatérale, le vendeur s'engage seul et l'acquéreur verse une indemnité d'immobilisation en contrepartie de son option ; signée sans notaire, elle doit être enregistrée dans les dix jours, à peine de nullité (article 1589-2 du Code civil). Dans le compromis, les deux parties s'engagent réciproquement. L'avant-contrat fixe le prix, la date de l'acte et les conditions suspensives, dont celle d'obtention du prêt, d'une durée d'au moins un mois.
L'acquéreur non professionnel d'un logement dispose de dix jours pour se rétracter à compter du lendemain de la notification de l'avant-contrat (article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation). Pendant les deux à trois mois qui suivent, le notaire purge les droits de préemption, la commune disposant de deux mois pour répondre à la déclaration d'intention d'aliéner, vérifie les hypothèques et l'urbanisme, et l'acquéreur obtient son prêt. L'acte authentique est ensuite signé, à l'étude ou à distance, et le prix versé par virement. Notre guide sur les étapes d'une vente détaille ce parcours.
La fiscalité de la vente : plus-value et exonérations
La vente de la résidence principale est exonérée d'impôt sur la plus-value. Pour une résidence secondaire, un logement locatif ou un terrain, la plus-value, différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition majoré des frais et des travaux, est imposée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et à 17,2 % au titre des prélèvements sociaux. La hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine applicable en 2026 laisse de côté les plus-values immobilières.
Des abattements pour durée de détention s'appliquent à partir de la sixième année : l'exonération d'impôt sur le revenu est acquise après vingt-deux ans, celle de prélèvements sociaux après trente ans. Une surtaxe de 2 à 6 % frappe les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, hors terrains à bâtir. D'autres exonérations existent : première cession d'un logement autre que la résidence principale lorsque le prix est réinvesti dans l'achat de sa résidence principale, cession d'un prix inférieur ou égal à 15 000 €, vente par certains retraités ou titulaires d'une carte d'invalidité aux revenus modestes.
Le notaire calcule l'impôt, le prélève sur le prix et le verse lors de l'enregistrement de l'acte. Le calcul détaillé figure dans notre guide sur la plus-value immobilière, et les conditions de l'exonération de la résidence principale, y compris après un déménagement, dans le guide consacré à l'exonération de la résidence principale.
| Élément | Règle en 2026 |
|---|---|
| Résidence principale | Exonérée |
| Taux d'imposition | 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux |
| Exonération pour durée de détention | Après 22 ans pour l'impôt, après 30 ans pour les prélèvements sociaux |
| Surtaxe | 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, hors terrains à bâtir |
| Frais et travaux | Frais réels ou forfait de 7,5 % ; travaux réels ou forfait de 15 % après cinq ans de détention |
Les situations particulières
Un logement loué vide se vend soit occupé, le bail se poursuivant avec l'acquéreur, soit libre, après un congé pour vendre délivré au moins six mois avant l'échéance du bail : le locataire bénéficie alors d'un droit de préemption pendant les deux premiers mois du préavis (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Notre guide sur la vente d'un logement loué détaille ces règles et les protections des locataires âgés.
Un bien indivis se vend en principe avec l'accord de tous les indivisaires. À défaut, ceux qui détiennent au moins les deux tiers des droits peuvent, après une procédure devant notaire, obtenir du tribunal judiciaire, celui de Chartres pour un bien situé en Eure-et-Loir, l'autorisation de le vendre par licitation, c'est-à-dire aux enchères (article 815-5-1 du Code civil). La loi du 7 avril 2026 visant à simplifier la sortie de l'indivision a inscrit à l'article 815-6 la possibilité pour un indivisaire d'être autorisé par le juge à vendre seul lorsque l'urgence et l'intérêt commun le justifient. Voir nos guides sur la vente d'un bien en indivision et sur la vente d'une maison héritée.
Un bien encore grevé d'un prêt se vend librement : le notaire rembourse la banque sur le prix, les indemnités de remboursement anticipé étant plafonnées par le Code de la consommation, puis organise la mainlevée de l'hypothèque ; notre guide sur la vente avec un crédit en cours le détaille. Un lot de copropriété impose la remise à l'acquéreur, dès l'avant-contrat, des documents énumérés à l'article L721-2 du Code de la construction et de l'habitation : voir le guide sur la vente d'un lot de copropriété.
La vente en viager transforme le bien en capital et en rente, tout en permettant au vendeur de rester chez lui ; la rente n'est imposée que pour une fraction dépendant de son âge. Notre guide sur la vente en viager en décrit le calcul et les garanties. Détacher une parcelle d'un terrain bâti pour la vendre suppose enfin une autorisation d'urbanisme et l'intervention d'un géomètre-expert : voir le guide sur la division parcellaire.
Ce que coûte une vente au vendeur
Les frais de l'acte de vente, droits de mutation et émoluments du notaire, sont à la charge de l'acquéreur sauf convention contraire (article 1593 du Code civil). En Eure-et-Loir, les droits de mutation sur un bien ancien atteignent un peu plus de 6,3 % du prix depuis le relèvement du taux départemental à 5 % au 1er avril 2025, le taux antérieur restant applicable aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale ; notre guide sur les frais de notaire à Chartres et en Eure-et-Loir les détaille. Ces frais pèsent indirectement sur le prix que l'acquéreur peut offrir.
Le vendeur supporte les diagnostics, les éventuelles indemnités de remboursement anticipé et les frais de mainlevée de l'hypothèque, l'état daté du syndic pour un appartement, plafonné à 380 € TTC, l'impôt sur la plus-value lorsqu'il est dû et les honoraires de négociation si le mandat les met à sa charge. Chaque partie reçoit du notaire un décompte détaillé. Notre page tarifs présente la rémunération de l'étude.
Les engagements du vendeur après la signature
La vente transfère la propriété, mais le vendeur reste tenu de certaines garanties. Il doit délivrer un bien conforme à ce qui a été promis, dans l'état constaté lors de l'avant-contrat. Sa garantie couvre aussi les vices cachés, ces défauts graves, antérieurs à la vente et invisibles lors des visites (article 1641 du Code civil) ; un vendeur particulier peut les écarter par une clause de l'acte, à condition d'avoir ignoré le défaut. Cette clause cède en cas de mauvaise foi, et un diagnostic manquant la prive d'effet pour le défaut qu'il aurait révélé. Notre guide sur les vices cachés décrit les recours de l'acquéreur.
Pour un lot de copropriété, une superficie privative inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans l'acte permet à l'acquéreur d'obtenir une diminution proportionnelle du prix, s'il agit dans l'année (article 46 de la loi du 10 juillet 1965). Le vendeur qui a fait construire ou rénover lourdement le bien depuis moins de dix ans répond en outre, comme un constructeur, des désordres graves affectant l'ouvrage. Un dossier complet et une information loyale de l'acquéreur restent la meilleure protection du vendeur contre ces recours.
Calendrier type d'une vente
Entre la décision de vendre et le versement du prix, comptez en général quatre à six mois. La durée de commercialisation dépend du bien et du marché local ; celle qui sépare l'avant-contrat de l'acte tient surtout aux délais légaux de rétractation et de préemption et au financement de l'acquéreur. Un dossier complet dès la mise en vente évite les retards, en particulier pour un bien en copropriété, dont les documents conditionnent le point de départ du délai de rétractation.
Une vente liée à une succession, une indivision ou un divorce demande souvent quelques semaines de préparation juridique supplémentaires, à engager avant la diffusion de l'annonce. Nous établissons avec vous, dès le premier rendez-vous, un calendrier réaliste qui tient compte de votre projet, par exemple l'achat d'un autre logement.
| Étape | Délai indicatif | Acteur principal |
|---|---|---|
| Estimation, diagnostics, mandat | 2 à 4 semaines | Vendeur, notaire, diagnostiqueur |
| Commercialisation et visites | Quelques semaines à quelques mois | Vendeur ou intermédiaire |
| Offre acceptée et avant-contrat | 1 à 3 semaines | Notaire |
| Délai de rétractation de l'acquéreur | 10 jours | Acquéreur |
| Préemption, prêt, pièces | 2 à 3 mois | Commune, banque de l'acquéreur, notaire |
| Acte authentique et remise des clés | Date fixée dans l'avant-contrat | Notaire et parties |
| Remboursement du prêt, impôt, virement du solde | Quelques jours après l'acte | Notaire |