L'essentiel
- Le notaire vous demande en général une pièce d'identité, un acte de naissance récent et, si vous êtes marié, votre acte de mariage et votre contrat de mariage ; les actes des Français nés, mariés ou décédés à l'étranger se demandent gratuitement au service central d'état civil, à Nantes.
- Un document public étranger est en principe légalisé, sauf s'il porte l'apostille prévue par la convention de La Haye du 5 octobre 1961, ou s'il en est dispensé par une convention bilatérale ou par le règlement (UE) 2016/1191 pour certains documents des États membres.
- Un document rédigé en langue étrangère est traduit, en règle générale par un traducteur expert près une cour d'appel ; les formulaires types multilingues européens évitent souvent cette traduction.
- La formalité dépend à la fois du pays et de la nature du document : le ministère de l'Europe et des affaires étrangères publie un tableau récapitulatif, pays par pays et type d'acte par type d'acte.
Les pièces que le notaire demande, selon l'acte
L'état civil établit qui vous êtes, avec qui vous êtes marié et sous quel régime : il détermine qui peut signer, qui est propriétaire et qui hérite. Le notaire en vérifie la cohérence avec votre pièce d'identité et avec les actes antérieurs, par exemple votre titre de propriété. Des actes récents, souvent de moins de trois mois, sont demandés, car ils portent les mentions marginales à jour : mariage, divorce, changement de régime matrimonial.
Les pièces à réunir varient selon l'opération. Nous vous en adressons la liste précise dès l'ouverture du dossier ; le tableau ci-dessous en donne les principales. Notre guide pour préparer son rendez-vous chez le notaire complète cette liste pour les documents non liés à l'état civil.
| Acte | État civil | Autres documents fréquents |
|---|---|---|
| Vente | Acte de naissance, acte de mariage, contrat de mariage ou jugement de divorce | Titre de propriété, justificatif de domicile fiscal, coordonnées bancaires |
| Achat | Acte de naissance, acte de mariage, contrat de mariage | Justificatifs de l'origine des fonds, offre de prêt |
| Succession, pour un héritier | Acte de naissance, acte de mariage, livret de famille | Pièce d'identité, coordonnées fiscales et bancaires |
| Donation | Actes de naissance du donateur et du bénéficiaire, actes de mariage | Titre de propriété du bien donné, donations antérieures |
| Contrat de mariage ou changement de régime | Actes de naissance, acte de mariage | Liste des biens de chaque époux |
| Procuration | Pièce d'identité en cours de validité, situation matrimoniale | Projet d'acte auquel la procuration se rapporte |
Vos actes français quand vous vivez à l'étranger
Si vous êtes né en France, votre acte de naissance se demande à la mairie de votre lieu de naissance, en ligne ou par courrier, gratuitement. Si vous êtes né, marié ou si un proche est décédé à l'étranger, l'acte a été dressé ou transcrit par un consulat et se trouve au service central d'état civil du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, à Nantes. La demande y est gratuite ; elle se fait en ligne ou par courrier, et le délai de traitement d'une demande postale est d'environ trente jours.
La copie intégrale et l'extrait avec filiation sont délivrés à la personne concernée, à son conjoint ou partenaire, à ses ascendants et descendants et aux professionnels habilités, dont le notaire. Le notaire obtient d'ailleurs lui-même, par voie dématérialisée, une partie des actes d'état civil français, ce qui vous évite certaines démarches.
Un mariage célébré à l'étranger devant une autorité locale gagne à être transcrit sur les registres de l'état civil français, par le consulat compétent : la transcription facilite la preuve du mariage en France et la délivrance de copies. Un divorce prononcé à l'étranger doit, de même, être porté en marge de vos actes français, selon une procédure qui varie avec le pays qui l'a prononcé.
Les actes établis par une autorité étrangère
Acte de naissance d'un conjoint étranger, mariage non transcrit, jugement de divorce, procuration signée devant un notaire local : ces documents étrangers servent en France lorsqu'ils émanent de l'autorité compétente, portent la formalité qui atteste la signature et la qualité de leur auteur, et sont compris de tous, donc traduits s'ils sont rédigés dans une autre langue.
Pour une procuration, la voie la plus simple consiste souvent à la signer à distance devant nous : elle est rédigée en français, en France, et échappe à toute formalité d'apostille ou de traduction, comme l'explique notre guide sur la procuration pour un acte notarié. Les actes d'état civil étrangers, eux, s'obtiennent nécessairement auprès de l'autorité qui les détient.
Apostille, légalisation ou dispense : quelle formalité ?
La légalisation reste la règle pour un acte public étranger produit en France : l'acte est d'abord légalisé par l'autorité compétente du pays d'origine, puis par l'ambassade ou le consulat de France dans ce pays. Elle coûte 30 € pour un Français inscrit au registre des Français établis hors de France et 60 € pour les autres usagers, et la réponse peut prendre jusqu'à quatre mois.
Entre États parties à la convention de La Haye du 5 octobre 1961, l'apostille, délivrée par l'autorité désignée du pays d'origine, remplace la légalisation : c'est le cas, par exemple, des États-Unis, dont les particularités sont réunies dans notre guide pour les Français installés aux États-Unis, et, depuis le 11 janvier 2024, du Canada. Certaines conventions bilatérales dispensent de toute formalité certains documents, et le règlement (UE) 2016/1191 dispense d'apostille, depuis le 16 février 2019, les documents publics des États membres relatifs notamment à la naissance, au décès, au nom, au mariage, au partenariat enregistré, au domicile ou à l'absence de casier judiciaire.
La formalité dépend donc du pays et de la nature du document : dans un même pays, un acte d'état civil peut être dispensé et un acte notarié apostillé. Selon le tableau du ministère, un acte public émirien requiert la légalisation. Nous vérifions, pour chaque document, la règle applicable avant que vous engagiez la démarche, afin d'éviter un document inutilisable le jour de l'acte.
La traduction des documents
Un document rédigé dans une langue étrangère est accompagné de sa traduction, établie en règle générale par un traducteur expert inscrit près une cour d'appel française. Pour un document soumis à légalisation, la traduction intervient avant cette formalité. Le traducteur certifie la conformité de sa traduction, que le notaire peut annexer à l'acte.
Au sein de l'Union, le règlement 2016/1191 prévoit des formulaires types multilingues, que vous demandez à l'autorité qui délivre le document : joints à l'acte, ils évitent le plus souvent sa traduction. Les extraits plurilingues d'état civil, prévus par des conventions de la Commission internationale de l'état civil, rendent le même service entre les États qui les appliquent.
Prouver le contenu d'une loi étrangère : le certificat de coutume
Lorsqu'une loi étrangère régit votre régime matrimonial ou votre capacité, le notaire doit en connaître le contenu : qui est propriétaire d'un bien acheté pendant le mariage, qui doit consentir à sa vente. Un certificat de coutume, établi par un juriste du pays concerné ou par une autorité consulaire, expose alors les règles applicables à votre situation.
Ce document se prépare en amont, parce qu'il conditionne la rédaction de l'avant-contrat. Il est particulièrement utile pour les couples mariés hors de France sans contrat, dont la loi applicable dépend de la date du mariage et de la première résidence commune, comme l'explique notre guide sur le régime matrimonial des couples internationaux.
Anticiper : le bon ordre des démarches
Les documents étrangers sont souvent l'étape la plus longue d'un dossier traité à distance. Les engager avant même l'avant-contrat permet de signer à la date prévue ; notre guide sur les délais d'une signature à distance situe cette étape dans le calendrier d'ensemble.
- Demander les actes français dès l'ouverture du dossier, en ligne, auprès de la mairie ou du service central d'état civil.
- Identifier avec nous, pour chaque document étranger, la formalité requise dans le pays concerné.
- Commander les actes étrangers, puis la formalité, puis la traduction, dans l'ordre que nous vous indiquons.
- Vérifier la concordance des noms, prénoms et dates entre tous les documents, source fréquente de retard.
- Transmettre les copies numérisées dès réception, puis les originaux si nous les demandons.
Exemple chiffré
Une Française mariée à Boston vend un appartement à Chartres
Sophie, née à Lyon, a épousé à Boston en 2020 Mark, de nationalité américaine, sans contrat de mariage. Le couple vit aux États-Unis et vend l'appartement de Chartres que Sophie avait acheté avant son mariage.
- Acte de naissance de Sophie
- Mairie de Lyon, demande en ligne, gratuite
- Acte de mariage
- Service central d'état civil s'il a été transcrit ; sinon copie américaine apostillée et traduite
- Acte de naissance de Mark, si sa signature est requise
- Copie américaine, apostille, traduction par un traducteur expert
- Loi applicable au régime matrimonial
- Loi de la première résidence habituelle commune après le mariage, ici un État américain (règlement (UE) 2016/1103)
- Preuve du contenu de cette loi
- Certificat de coutume établi par un juriste américain
- Signature
- Procuration reçue à distance, sans apostille ni traduction
Le certificat de coutume indique si Mark doit consentir à la vente d'un bien acquis par Sophie avant le mariage. Engagées dès la mise en vente, ces démarches laissent l'avant-contrat et l'acte se signer aux dates prévues.
Questions fréquentes
Mon acte de naissance doit-il dater de moins de trois mois ?
Ce délai relève de la pratique : les notaires demandent un acte récent pour disposer des mentions marginales à jour, notamment d'un mariage ou d'un divorce récent. Un acte de moins de trois mois est l'usage courant. Nous vous indiquons, pour votre dossier, si un acte plus ancien peut convenir, par exemple pour un héritier dont la situation est restée stable.
Mon mariage célébré à l'étranger est-il utilisable sans transcription ?
Un mariage valablement célébré à l'étranger produit ses effets en France, et il se prouve par l'acte étranger, revêtu de la formalité requise et traduit. La transcription sur les registres français, demandée au consulat compétent, simplifie toutefois toutes les démarches ultérieures : il est utile de l'engager, surtout avant une succession ou une vente.
Une copie scannée suffit-elle ?
Pour la préparation du dossier, une copie numérisée lisible suffit le plus souvent. Pour certains documents étrangers, l'original revêtu de l'apostille ou de la légalisation est ensuite demandé, afin d'être annexé à l'acte ou conservé au dossier. Nous vous précisons, document par document, la forme attendue et le moment où l'envoyer.
Les documents d'un autre pays de l'Union doivent-ils être apostillés ?
Les documents publics relatifs notamment à la naissance, au mariage, au décès, au nom ou au partenariat enregistré sont dispensés d'apostille entre États membres depuis le 16 février 2019. D'autres documents, comme un acte notarié ou un jugement, obéissent aux conventions applicables entre la France et le pays concerné. Notre guide sur la procuration établie par un notaire européen en donne des exemples.
Qui paie les traductions et les formalités ?
Elles restent à la charge de la personne qui produit le document. Leur coût dépend du nombre de pages, de la langue et du pays. Nous les mentionnons dans le décompte prévisionnel des frais de votre dossier, pour que vous les connaissiez dès le départ.
Premier rendez-vous
Vous résidez loin de Chartres ?
Consultation en visioconférence et signature par procuration à distance.
7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.
Sources
- Service-public.gouv.fr, acte de naissance : copie intégrale ou extrait
- Service-public.gouv.fr, légalisation d'un acte public établi par une autorité étrangère (mise à jour du 30 octobre 2025)
- Ministère de l'Europe et des affaires étrangères, tableau récapitulatif de l'état du droit conventionnel en matière de légalisation (4 novembre 2025)
- HCCH, convention du 5 octobre 1961 supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics étrangers
- Commission européenne, documents publics : règlement (UE) 2016/1191