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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

International

Résident au Canada : vendre, acheter ou louer un bien en France, impôts et signature

Vente, achat ou location d'un bien en France depuis le Canada : l'impôt prélevé par le notaire, le représentant fiscal, la déclaration canadienne et la signature par procuration à distance.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Un résident du Canada qui vend un bien situé en France paie en France l'impôt de 19 % sur la plus-value et les prélèvements sociaux de 17,2 %, que le notaire prélève sur le prix ; il déclare ensuite la vente au Canada, qui déduit l'impôt français de l'impôt canadien (article 23 de la convention du 2 mai 1975).
  • Au-delà de 150 000 € de prix, le vendeur désigne un représentant fiscal accrédité avant la signature, sauf si la durée de détention exonère totalement la plus-value.
  • Les loyers d'un bien situé en France restent imposables en France, au taux minimum de 20 % puis de 30 % au-delà de 29 579 € (revenus 2025), ou au taux moyen sur option, et se déclarent aussi au Canada.
  • Depuis le 11 janvier 2024, le Canada applique la convention Apostille : un document canadien destiné à la France reçoit une apostille, sans passage par le consulat.
  • Vous signez depuis le Canada une procuration notariée reçue à distance, en visioconférence avec notre étude, et votre mandataire signe l'acte à Chartres.

Quels impôts paie en France un résident canadien qui vend ?

La convention fiscale franco-canadienne du 2 mai 1975 laisse à la France l'imposition des gains tirés d'un immeuble situé sur son territoire (article 13). Le vendeur domicilié au Canada acquitte donc en France un prélèvement de 19 % sur la plus-value nette, calculée après les abattements pour durée de détention, comme pour un résident : exonération d'impôt après vingt-deux ans, de prélèvements sociaux après trente ans.

Les prélèvements sociaux s'élèvent à 17,2 %. Le taux réduit de 7,5 % est réservé aux personnes affiliées à la sécurité sociale d'un État de l'Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni : une affiliation au régime canadien ou québécois laisse le taux plein. Les plus-values immobilières restent en dehors de la hausse de la CSG votée pour 2026. Une surtaxe de 2 à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €.

Un vendeur de nationalité française peut bénéficier de l'exonération de l'article 150 U, II, 2° du Code général des impôts, dans la limite de 150 000 € de plus-value nette imposable, s'il a été domicilié en France au moins deux ans et vend avant le 31 décembre de la dixième année suivant son départ, ou à tout moment s'il a gardé la libre disposition du logement. Notre guide sur la plus-value des non-résidents détaille ces règles, et celui consacré à la vente de l'ancienne résidence principale après le départ traite le cas du logement quitté au moment de l'installation au Canada.

Le représentant fiscal accrédité

Le Canada se trouve hors de l'Espace économique européen : le vendeur qui y réside désigne un représentant fiscal accrédité dès que le prix dépasse 150 000 € et que la plus-value reste imposable. Ce représentant, une banque ou une société agréée par l'administration, répond du paiement de l'impôt et de l'exactitude de la déclaration, y compris lors d'un contrôle ultérieur.

La dispense joue automatiquement lorsque le prix est inférieur ou égal à 150 000 €, lorsque la durée de détention exonère totalement la plus-value de l'impôt et des prélèvements sociaux, ou pour la vente de l'ancienne résidence principale exonérée. Nous vérifions ces critères dès l'avant-contrat et, si un représentant est nécessaire, nous lui transmettons le dossier suffisamment tôt pour que sa désignation figure dans l'acte. Sa rémunération reste à la charge du vendeur et se négocie avec lui.

Déclarer la vente au Canada et éviter la double imposition

L'article 23 de la convention prévoit que le Canada déduit de l'impôt canadien l'impôt payé en France sur les gains de source française. En pratique, vous déclarez la vente dans votre déclaration de revenus canadienne, selon les règles et en dollars canadiens, et vous demandez le crédit pour impôt étranger au moyen du formulaire fédéral T2209. Le décompte de l'impôt français que nous vous remettons après la signature sert de justificatif.

Le montant du crédit dépend du calcul canadien du gain, qui diffère du calcul français : prix d'acquisition, taux de change, résidence principale éventuelle. Le traitement des prélèvements sociaux se vérifie avec votre conseil canadien. Tant que vous détenez le bien, une obligation déclarative peut aussi s'appliquer : le formulaire T1135 vise les biens étrangers dont le coût total dépasse 100 000 $ ; une résidence secondaire réservée à votre usage personnel en est exclue, un logement loué y entre.

Acheter en France en vivant au Canada

L'achat se prépare à distance : visite par un proche ou un professionnel, offre, avant-contrat signé électroniquement, puis acte signé par votre mandataire. Une procuration authentique est exigée lorsque l'achat est financé par un prêt garanti par une hypothèque ou un privilège ; nous la recevons à distance. Le financement d'un non-résident obéit à des critères bancaires propres, présentés dans notre guide sur le crédit immobilier des non-résidents.

Si vous êtes marié, le régime matrimonial détermine à qui appartiendra le bien. Des époux mariés au Québec sans contrat relèvent, selon le droit québécois, de la société d'acquêts, régime légal depuis le 1er juillet 1970, et du patrimoine familial. Le notaire français détermine la loi applicable selon la date du mariage et la première résidence des époux, puis rédige l'acte en conséquence, en recueillant au besoin l'intervention du conjoint. Les fonds viennent d'un compte ouvert à votre nom, et nous vous indiquons le montant exact à virer.

Louer votre bien depuis le Canada

Les loyers d'un bien situé en France sont imposables en France (article 6 de la convention). Vous les déclarez chaque année au service des impôts des non-résidents, au taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenus nets de source française et de 30 % au-delà, pour les revenus de 2025, ou au taux moyen si vous justifiez de l'ensemble de vos revenus mondiaux et qu'il vous est plus favorable. Les prélèvements sociaux s'appliquent au taux de 17,2 %.

Le Canada impose aussi ces loyers et déduit l'impôt français dans les mêmes conditions que pour la plus-value. Mettre en location l'ancienne résidence principale modifie les exonérations de plus-value ouvertes lors d'une vente ultérieure : notre guide sur la location d'un logement en France par un expatrié expose ces choix avant la signature du bail.

Signer depuis le Canada : procuration à distance, apostille, décalage horaire

Depuis le 1er octobre 2025, le décret du 13 juin 2025 encadre la procuration notariée reçue à distance : identification par le dispositif du notariat, puis visioconférence avec le notaire. Vous filmez votre pièce d'identité et votre visage avec votre smartphone, puis vous signez électroniquement pendant la visioconférence, au moyen d'un code reçu par SMS. Avant le rendez-vous, nous vérifions avec vous que votre pièce et votre numéro de téléphone permettent ce parcours.

Le décalage atteint six heures avec Montréal ou Toronto et neuf heures avec Vancouver : un rendez-vous fixé à 16 heures à Chartres a lieu à 10 heures dans l'Est du Canada et à 7 heures sur la côte Pacifique. Votre mandataire, souvent un collaborateur de l'étude ou un proche, signe ensuite l'acte selon vos instructions. Le déroulé complet figure sur notre page consacrée aux actes à distance.

Les documents canadiens, actes d'état civil ou attestations signées devant un notary public dans une province de common law, reçoivent une apostille de l'autorité compétente, puis une traduction s'ils sont rédigés en anglais. Au Québec, une procuration peut aussi être reçue par un notaire québécois, selon une procédure décrite dans notre guide dédié.

Recevoir le prix au Canada

Le prix transite par la comptabilité de l'étude, déposée à la Caisse des dépôts. Nous réglons l'impôt de plus-value lors de l'enregistrement de l'acte, remboursons le prêt éventuel, puis virons le solde sur un compte ouvert à votre nom, en France ou au Canada. La conversion en dollars canadiens relève de votre banque, dont les frais et les cours varient.

Nous confirmons vos coordonnées bancaires par un échange direct avec vous, par téléphone ou en visioconférence, jamais sur la seule foi d'un courriel : les fraudes au virement visent précisément les ventes conduites à distance. Une attestation précisant l'origine des fonds, vente d'un bien immobilier en France, accompagne le virement lorsque votre banque canadienne la demande.

Exemple chiffré

Une maison près de Chartres vendue par une résidente de Montréal

Julie, citoyenne canadienne domiciliée à Montréal, a acheté en juin 2011 une maison près de Chartres pour 210 000 €, utilisée comme résidence secondaire. Elle la vend 330 000 € en octobre 2026, après quinze années pleines de détention, sans justificatif de frais ni de travaux. Elle relève de l'assurance maladie du Québec.

Prix d'acquisition majoré (210 000 € + 7,5 % de frais + 15 % de travaux)
257 250 €
Plus-value brute (330 000 € − 257 250 €)
72 750 €
Abattement pour l'impôt (10 années × 6 %)
60 %, soit une base de 29 100 €
Impôt de 19 %
5 529,00 €
Abattement pour les prélèvements sociaux (10 années × 1,65 %)
16,5 %, soit une base de 60 746,25 €
Prélèvements sociaux de 17,2 %
10 448,36 €
Surtaxe (base inférieure à 50 000 €)
0 €
Total prélevé sur le prix par le notaire
15 977,36 €

Le prix dépassant 150 000 €, Julie désigne un représentant fiscal accrédité, dont la rémunération s'ajoute. Elle déclare ensuite la vente au Canada et demande le crédit pour l'impôt français. Affiliée à la sécurité sociale d'un État européen, elle n'aurait acquitté que 7,5 %, soit 4 555,97 € de prélèvements sociaux.

Refaire le calcul avec vos chiffres : frais d'acquisition

Questions fréquentes

Dois-je revenir en France pour signer la vente ?

Votre présence est inutile. Vous signez une procuration notariée à distance, en visioconférence avec notre étude, depuis votre domicile au Canada, puis votre mandataire signe l'avant-contrat et l'acte de vente en votre nom. Prévoyez un smartphone, une pièce d'identité en cours de validité et un créneau calme d'environ une heure. Nous choisissons ensemble un horaire compatible avec votre fuseau.

Je suis Français et vis au Québec depuis trois ans : ai-je droit à l'exonération de 150 000 € ?

Elle vous est ouverte si vous avez été domicilié fiscalement en France de manière continue pendant au moins deux ans avant votre départ, pour un seul logement, et si la vente intervient au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant ce départ. La limite porte sur la plus-value nette imposable. Nous vérifions ces conditions sur pièces avant de calculer l'impôt.

Puis-je bénéficier des prélèvements sociaux à 7,5 % ?

Le taux de 7,5 % suppose une affiliation à la sécurité sociale d'un État de l'Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni. Un résident canadien affilié au régime de sa province acquitte le taux de 17,2 %, après l'abattement pour durée de détention propre aux prélèvements sociaux.

Le prix peut-il être viré directement sur mon compte canadien ?

Oui, dès lors que le compte est ouvert à votre nom. Nous virons le solde en euros après paiement de l'impôt et remboursement du prêt éventuel, et votre banque effectue la conversion. Comptez quelques jours ouvrés pour un virement international. Notre guide sur les fonds d'une vente depuis l'étranger précise les pièces demandées par les banques.

Mon conjoint doit-il signer si le bien est à mon seul nom ?

Cela dépend de votre régime matrimonial et de l'usage du bien. Si le logement est la résidence de la famille, le consentement du conjoint est exigé par l'article 215 du Code civil. Si le bien appartient à une société d'acquêts québécoise ou à une communauté, les règles de ce régime s'appliquent. Nous analysons votre situation dès le premier rendez-vous et, si besoin, votre conjoint signe lui aussi une procuration à distance.

Premier rendez-vous

Vous résidez loin de Chartres ?

Consultation en visioconférence et signature par procuration à distance.

7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.

Sources

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