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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

Succession

Succession sans notaire : dans quels cas est-ce possible ?

Une petite succession, sans immeuble ni testament, se règle sans notaire grâce à une attestation signée de tous les héritiers. Les conditions exactes, la marche à suivre et les limites.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Une succession peut se régler sans notaire lorsque les sommes détenues par la banque sont inférieures à 5 965 € en 2026 et que la succession ne comprend ni bien immobilier, ni testament, ni donation entre époux.
  • Les héritiers signent alors ensemble une attestation qui permet à l'un d'eux de percevoir les fonds ou de clôturer les comptes (article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier).
  • Dès qu'un immeuble figure dans la succession, même un garage ou une parcelle de bois, le notaire est obligatoire pour établir l'attestation de propriété publiée au service de la publicité foncière.
  • Entre les deux, le notaire peut n'intervenir que pour l'acte de notoriété, et les héritiers déposent eux-mêmes la déclaration de succession lorsqu'elle est exigée.

Les conditions pour se passer de notaire

La loi permet aux héritiers d'une succession modeste de prouver leur qualité sans acte notarié. Ce mode simplifié suppose que toutes les conditions suivantes soient réunies en même temps ; une seule manque, et la banque exigera l'acte de notoriété dressé par un notaire. Le seuil de 5 965 € résulte d'un arrêté du 24 décembre 2025 et s'applique depuis le 1er janvier 2026.

Ces conditions tiennent à la fois au patrimoine du défunt et à la situation familiale. Les héritiers les certifient eux-mêmes dans l'attestation qu'ils signent, et engagent ainsi leur responsabilité en cas de déclaration inexacte. Lorsqu'un doute existe, par exemple sur l'existence d'un enfant d'une première union ou d'un testament rédigé à la main, un rendez-vous chez le notaire permet de le lever avant toute démarche auprès de la banque.

  • Les sommes détenues par la banque au nom du défunt sont inférieures à 5 965 €.
  • La succession ne comprend aucun bien immobilier, en France ou ailleurs.
  • Le défunt n'a laissé ni testament ni donation entre époux.
  • Il n'existe ni contrat de mariage, ni autre héritier que les signataires, ni procès en cours sur la succession.

Comment procéder avec la banque

Tous les héritiers signent une attestation commune par laquelle ils déclarent qu'il n'existe ni testament, ni autre héritier, ni contrat de mariage, ni litige, et qu'ils autorisent l'un d'eux à percevoir les sommes pour le compte de tous ou à clôturer les comptes. Un modèle est disponible sur les sites publics. La banque y joint plusieurs pièces justificatives, qu'elle contrôle avant de verser les fonds.

Sont en général demandés l'acte de décès, un extrait d'acte de naissance du défunt, un extrait d'acte de naissance de chaque héritier et le certificat attestant que le défunt n'a laissé aucune disposition inscrite au fichier central des dispositions de dernières volontés. Les modalités et les frais bancaires, plafonnés, sont détaillés dans notre guide sur les comptes bancaires après un décès.

Quand le notaire devient obligatoire

Au-delà de 5 965 €, la banque verse les fonds sur présentation de l'acte de notoriété, que seul un notaire peut dresser. Le même acte est exigé dès qu'un testament ou une donation entre époux existe, parce que ces documents modifient la dévolution légale et qu'il faut les interpréter et les exécuter.

La présence d'un immeuble rend l'intervention du notaire incontournable, quelle que soit sa valeur. La transmission d'une maison, d'un appartement, d'un garage, d'un terrain ou même d'une quote-part indivise doit être constatée par une attestation de propriété immobilière, acte notarié publié au service de la publicité foncière. Sans elle, les héritiers ne peuvent ni vendre ni donner le bien, et le cadastre continue de désigner le défunt comme propriétaire.

Un notaire pour un seul acte : le cas le plus fréquent

Beaucoup de successions se situent entre les deux : un compte de 20 000 € ou de 40 000 €, pas d'immeuble, pas de testament. Le notaire intervient alors pour l'acte de notoriété, dont l'émolument est fixé par le tarif national à 56,60 € hors taxes, auxquels s'ajoutent l'interrogation du fichier des dernières volontés et les frais d'obtention des pièces. Les héritiers restent libres de gérer eux-mêmes le reste des démarches.

La déclaration de succession n'est pas due lorsque l'actif brut est inférieur à 50 000 € et qu'il revient aux enfants, au conjoint, au partenaire de PACS ou aux parents du défunt, sans donation antérieure non déclarée ; le seuil est de 3 000 € pour les autres héritiers. Au-delà, les héritiers peuvent déposer eux-mêmes le formulaire auprès du service des impôts, ou la confier au notaire. Les délais et pénalités figurent dans notre guide sur la déclaration de succession.

Les démarches que les héritiers accomplissent seuls

Avec ou sans notaire, plusieurs formalités restent à la charge de la famille : la dernière déclaration de revenus du défunt, la résiliation des contrats d'énergie, de téléphone et d'assurance, la restitution d'un logement loué et le changement de titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule. Pour la voiture, notre guide sur la carte grise du véhicule du défunt détaille la procédure en ligne.

Les capitaux d'assurance-vie échappent au règlement de la succession : le bénéficiaire désigné les réclame directement à l'assureur avec l'acte de décès et ses propres pièces. L'assureur peut toutefois demander un certificat établissant que les droits éventuellement dus ont été acquittés, en particulier pour les primes versées après 70 ans.

Les risques d'un règlement sans notaire

Le mode simplifié repose entièrement sur la parole des héritiers. Un testament olographe conservé au domicile, un enfant né d'une autre union ou une donation ancienne peuvent échapper à la famille ; l'héritier évincé pourra réclamer plus tard sa part à ceux qui ont perçu les fonds. La vérification des héritiers par acte d'état civil et l'interrogation des fichiers nationaux constituent précisément le travail du notaire.

Percevoir les fonds et se les répartir revient aussi, en pratique, à accepter la succession. Si le défunt laissait des dettes supérieures à l'actif, un crédit à la consommation ou une caution par exemple, les héritiers qui ont accepté en répondent sur leurs biens personnels. En cas de doute sur le passif, il est préférable de mesurer la situation avant tout encaissement, comme l'explique notre guide sur l'option entre accepter et renoncer.

Exemple chiffré

Une petite succession réglée sans notaire

Monsieur G., veuf, décède à Chartres. Il laisse deux enfants, un compte courant de 2 800 € et un livret de 2 700 € dans la même banque, sans immeuble, testament ni contrat de mariage. Les obsèques coûtent 4 100 €.

Sommes détenues par la banque
5 500 €, sous le seuil de 5 965 €
Facture d'obsèques payée directement par la banque
− 4 100 €
Solde versé sur attestation des deux enfants
1 400 €
Part de chaque enfant
700 €
Déclaration de succession
non due, actif brut inférieur à 50 000 €
Frais de notaire
aucun

Les deux enfants signent une attestation commune ; l'aîné perçoit le solde et le partage avec sa sœur. Si leur père avait possédé un simple garage, l'intervention du notaire aurait été obligatoire pour en transmettre la propriété.

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Questions fréquentes

Le seuil de 5 965 € est-il le même pour toutes les successions ?

Le montant est unique en France et fixé par arrêté ; il est applicable depuis le 1er janvier 2026. Il sert à deux choses : le paiement des obsèques sur le compte du défunt et le versement des fonds sur simple attestation des héritiers. Le seuil de dispense de déclaration de succession est distinct : 50 000 € d'actif brut pour les enfants, le conjoint, le partenaire de PACS et les parents, 3 000 € pour les autres héritiers.

Un héritier refuse de signer l'attestation : que faire ?

L'attestation doit être signée par tous les héritiers ; sans signature unanime, la banque ne verse rien. Il faut alors faire établir un acte de notoriété par un notaire, que n'importe quel héritier peut demander seul. Les fonds sont ensuite versés au notaire, qui les conserve pour le compte de tous jusqu'au partage. Les autres voies de déblocage sont présentées dans notre guide sur la succession bloquée par un héritier.

La mairie peut-elle délivrer un certificat d'hérédité ?

Certaines mairies en délivraient autrefois, sans y être obligées. L'attestation signée par l'ensemble des héritiers a pris le relais pour les petites successions, et l'acte de notoriété notarié pour les autres. Une banque peut refuser un certificat d'hérédité et exiger l'une de ces deux preuves.

Faut-il un notaire si le défunt avait une assurance-vie importante ?

Le capital d'assurance-vie est versé directement au bénéficiaire désigné et ne fait pas partie de la succession. Le bénéficiaire le réclame lui-même à l'assureur. Selon l'âge du souscripteur lors des versements et le montant, des droits ou un prélèvement peuvent être dus ; l'assureur exige alors un justificatif fiscal, que le notaire peut établir ou que le bénéficiaire obtient auprès du service des impôts.

Combien coûte le notaire si son intervention devient nécessaire ?

Pour une succession sans immeuble, l'acte de notoriété est tarifé 56,60 € hors taxes, soit 67,92 € toutes taxes comprises, auxquels s'ajoutent les frais d'état civil et d'interrogation des fichiers. La déclaration de succession, lorsqu'elle est due et confiée au notaire, suit un barème proportionnel à l'actif brut. Nous chiffrons ces frais dès le premier rendez-vous.

Qui présente l'attestation à la banque ?

Les héritiers désignent dans l'attestation celui d'entre eux qui percevra les fonds pour le compte de tous ou demandera la clôture des comptes. Il présente le document signé de chacun, avec les pièces d'état civil et le certificat du fichier des dernières volontés. Il lui appartient ensuite de répartir les sommes entre les héritiers selon leurs droits ; conserver une trace écrite de cette répartition évite toute contestation ultérieure.

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Sources

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