L'essentiel
- Les émoluments des actes de succession sont fixés par un tarif national, prorogé sans changement jusqu'au 29 février 2028 par l'arrêté du 25 février 2026 : ils sont identiques dans toutes les études.
- L'acte de notoriété coûte 56,60 € hors taxes ; l'attestation immobilière et la déclaration de succession sont calculées par tranches, sur la valeur des immeubles pour l'une et sur l'actif brut pour l'autre.
- Le partage donne lieu à des émoluments proportionnels et au droit de partage de 2,5 % de l'actif net partagé.
- Les droits de succession représentent le plus souvent la part la plus lourde : ils sont reversés à l'État et dépendent du lien de parenté.
- Les frais sont une charge de la succession, réglée en général sur les fonds du défunt, à proportion des droits de chacun.
De quoi se composent les frais d'une succession ?
L'expression « frais de notaire » recouvre plusieurs sommes de nature différente. Les émoluments rémunèrent le notaire pour les actes dont le tarif est fixé par le Code de commerce (articles A. 444-53 et suivants) ; ils sont soumis à la TVA de 20 %. Les débours remboursent les sommes que l'étude avance pour le compte des héritiers : copies d'actes d'état civil, état hypothécaire, frais de publication au service de la publicité foncière, annonces légales.
Les droits de succession, calculés sur la part nette de chaque héritier, sont des impôts reversés intégralement au Trésor public. Enfin, les prestations sans tarif, comme une consultation approfondie ou la gestion d'un portefeuille de titres, donnent lieu à des honoraires convenus par écrit avant l'intervention.
Le coût d'ensemble se mesure donc acte par acte. Notre page consacrée aux tarifs de l'étude présente le cadre général de la rémunération du notaire.
Le tarif des actes de succession
Le barème applicable depuis 2021 a été reconduit en 2024, puis prorogé par l'arrêté du 25 février 2026 jusqu'au 29 février 2028. Les montants ci-dessous sont hors taxes, avant TVA de 20 %. Chaque acte n'est établi que si la succession l'exige : l'attestation immobilière suppose un immeuble, le partage suppose que les héritiers sortent de l'indivision.
| Acte | Assiette | Émolument hors taxes |
|---|---|---|
| Acte de notoriété | Forfait | 56,60 € |
| Inventaire | Forfait | 75,46 € |
| Attestation de propriété immobilière | Valeur des immeubles | 1,935 % jusqu'à 6 500 € ; 1,064 % de 6 500 à 17 000 € ; 0,726 % de 17 000 à 30 000 € ; 0,532 % au-delà |
| Déclaration de succession | Actif brut | 1,548 % jusqu'à 6 500 € ; 0,851 % de 6 500 à 17 000 € ; 0,580 % de 17 000 à 30 000 € ; 0,426 % au-delà |
| Partage | Actif partagé | 4,837 % jusqu'à 6 500 € ; 1,995 % de 6 500 à 17 000 € ; 1,330 % de 17 000 à 60 000 € ; 0,998 % au-delà |
Acte de notoriété et attestation immobilière
L'acte de notoriété désigne les héritiers et leurs droits ; il permet de débloquer les comptes et de justifier de sa qualité auprès des organismes. Son émolument est forfaitaire : 56,60 € hors taxes, soit 67,92 € toutes taxes comprises, quel que soit le montant de la succession.
L'attestation de propriété immobilière constate la transmission des immeubles aux héritiers et se publie au service de la publicité foncière. Son émolument dépend de la valeur des biens : pour une maison de 250 000 €, il s'élève à 1 502,28 € hors taxes. S'y ajoutent des frais de publication et des débours, que nous chiffrons sur le dossier. Cette formalité est indispensable pour vendre, donner ou hypothéquer le bien par la suite.
La déclaration de succession et les droits
Lorsque le notaire établit la déclaration de succession, son émolument se calcule sur l'actif brut, c'est-à-dire la valeur des biens avant déduction des dettes. Pour un actif brut de 300 000 €, il atteint 1 415,58 € hors taxes.
Les droits de succession sont distincts : ils se calculent sur la part nette de chaque héritier après abattement, selon un barème progressif qui varie avec le lien de parenté. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS en sont exonérés ; chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € par parent. Le détail figure dans notre guide sur le barème et les abattements des droits de succession. Les droits sont payables au dépôt de la déclaration ; un paiement fractionné ou différé peut être demandé à l'administration fiscale dans certains cas, moyennant des garanties et des intérêts.
Le coût du partage
Le partage met fin à l'indivision entre héritiers. Il est obligatoirement notarié lorsqu'il porte sur un immeuble. L'émolument se calcule par tranches sur l'actif partagé : pour 300 000 €, il atteint 3 490,98 € hors taxes.
Le partage supporte en outre le droit de partage, impôt de 2,5 % de l'actif net partagé (article 746 du Code général des impôts). Entre héritiers originaires d'une même succession, la soulte versée par celui qui reçoit un lot plus important ne supporte pas de droits de vente : elle reste taxée au seul droit de partage (article 748). Les héritiers qui vendent le bien et se répartissent le prix peuvent éviter l'acte de partage immobilier ; le choix se raisonne au cas par cas, comme l'explique notre guide sur le partage amiable ou judiciaire.
Les autres actes que peut exiger une succession
Selon la composition du patrimoine et les dispositions prises par le défunt, d'autres actes s'ajoutent. Le certificat de propriété, qui permet de transférer des titres ou certains avoirs aux héritiers, est tarifé 15,09 € hors taxes lorsque la valeur est inférieure à 3 120 €, puis 0,484 % de la valeur. La délivrance d'un legs, par laquelle les héritiers remettent au légataire le bien qui lui a été légué, suit le même barème que l'attestation immobilière.
Lorsque le défunt a laissé un testament olographe, le notaire en dresse un procès-verbal d'ouverture et de description, puis le dépose au rang de ses minutes. La déclaration d'acceptation à concurrence de l'actif net ou de renonciation peut aussi être reçue par le notaire. Chacun de ces actes est chiffré à l'ouverture du dossier, afin que les héritiers connaissent le coût d'ensemble avant de s'engager.
Débours et honoraires : ce qui s'ajoute au tarif
Les débours varient selon le dossier : nombre d'actes d'état civil à obtenir, biens situés dans plusieurs communes, interrogation de fichiers, publication d'annonces. Ils sont refacturés à l'euro près et apparaissent séparément sur le compte définitif.
Certaines missions échappent au tarif : la recherche et le regroupement d'avoirs dispersés, la vente de titres, la gestion d'un bien loué pendant la succession, un conseil patrimonial approfondi. Nous les chiffrons dans une convention d'honoraires signée avant toute intervention. Les frais facturés par la banque pour la clôture des comptes relèvent d'un autre plafond, rappelé dans notre guide sur les comptes bancaires après un décès.
Qui paie, et à quel moment ?
Les frais de règlement de la succession sont une charge commune aux héritiers, supportée à proportion de leurs droits. En pratique, l'étude reçoit les fonds des comptes du défunt sur son compte à la Caisse des dépôts et consignations, règle les droits et les frais, puis verse le solde à chaque héritier avec un décompte détaillé.
Lorsque la succession comprend surtout un immeuble, les héritiers versent une provision ou attendent la vente du bien, le notaire prélevant alors les sommes dues sur le prix. Un compte de frais définitif est remis à la fin du dossier ; il distingue émoluments, débours, honoraires et impôts. Pour estimer les droits avant de nous rencontrer, nos simulateurs donnent un premier ordre de grandeur.
Exemple chiffré
Succession d'une mère veuve, deux enfants
Une mère veuve décède en laissant une maison en Eure-et-Loir estimée 250 000 € et 50 000 € d'épargne, sans passif déductible ni donation antérieure. Ses deux enfants héritent à parts égales et conservent la maison en indivision. L'étude établit l'acte de notoriété, l'attestation immobilière et la déclaration de succession.
- Acte de notoriété (forfait)
- 56,60 € HT
- Attestation immobilière sur 250 000 €
- 1 502,28 € HT
- Déclaration de succession sur 300 000 € d'actif brut
- 1 415,58 € HT
- Total des émoluments
- 2 974,46 € HT, soit 3 569,35 € TTC
- Part nette de chaque enfant après abattement de 100 000 €
- 50 000 €
- Droits de succession par enfant (barème en ligne directe)
- 8 194,35 €
- Droits de succession pour les deux enfants
- 16 388,70 €
Hors débours et frais de publication, les émoluments du notaire représentent environ 1,2 % de l'actif ; les droits de succession pèsent plus de quatre fois plus. Un partage ultérieur de la maison ajouterait des émoluments de partage et le droit de partage de 2,5 %.
Questions fréquentes
Peut-on régler une succession sans notaire ?
Le notaire est indispensable lorsque la succession comprend un immeuble, un testament ou une donation entre époux, ou lorsque l'actif atteint 5 965 €. En dessous de ce seuil et en l'absence de ces éléments, les héritiers peuvent prouver leur qualité par une attestation signée de tous et débloquer les comptes eux-mêmes. La déclaration de succession peut aussi être déposée par les héritiers.
Les frais de notaire d'une succession sont-ils négociables ?
Les émoluments tarifés sont identiques dans toutes les études de France : ils résultent du Code de commerce. Une remise est possible dans les seuls cas et limites prévus par le tarif et doit alors bénéficier à tous les clients de l'étude. Les honoraires des prestations sans tarif sont convenus librement, par écrit, avant l'intervention.
Qui avance les frais lorsque les comptes du défunt sont bloqués ?
Le notaire obtient de la banque le versement des fonds sur le compte de l'étude, sur présentation de l'acte de notoriété, et règle les frais et les droits sur ces sommes. Lorsque les liquidités manquent, les héritiers versent une provision, ou les frais sont prélevés sur le prix de vente d'un bien de la succession.
Combien coûte une attestation immobilière pour un bien de 150 000 € ?
L'émolument proportionnel s'élève à 970,28 € hors taxes, soit 1 164,34 € toutes taxes comprises. S'y ajoutent les frais de publication au service de la publicité foncière et les débours, que nous chiffrons à l'ouverture du dossier. L'attestation doit être établie dès que la succession comprend un immeuble, y compris lorsque les héritiers conservent le bien.
Les frais de notaire sont-ils déductibles des droits de succession ?
Le passif déductible comprend les dettes du défunt existant au jour du décès et les frais funéraires dans la limite de 1 500 €. Les frais de règlement de la succession restent à la charge des héritiers. Pour réduire les droits, l'anticipation par donation reste l'outil le plus efficace, comme l'expliquent nos guides sur la transmission.
Le conjoint survivant, exonéré de droits, paie-t-il des frais de notaire ?
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés de droits de succession, mais les actes nécessaires au règlement restent dus : acte de notoriété, attestation immobilière, déclaration lorsqu'elle est requise. Les émoluments se calculent selon le même tarif et se répartissent entre les héritiers à proportion de leurs droits, sauf accord différent entre eux.
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Sources
- Service-public.gouv.fr, tarifs des notaires en matière de succession
- Arrêté du 25 février 2026 fixant les tarifs réglementés des notaires (Légifrance)
- Code de commerce, tarif des notaires, articles A. 444-53 et suivants (Légifrance)
- Service-public.gouv.fr, évaluation de la succession et calcul des droits
- Service-public.gouv.fr, partage des biens de la succession
- Ministère de l'Économie, succession : quels frais de notaire