L'essentiel
- Une SCI rend service à l'expatrié qui détient un bien en France avec sa famille : elle organise la gestion par un gérant et facilite la transmission, mais ses associés perdent l'exonération de 150 000 € de plus-value, réservée aux logements détenus directement.
- Dans une SCI soumise à l'impôt sur le revenu, chaque associé non résident est imposé en France sur sa quote-part des loyers, au taux minimum de 20 % ou 30 % sauf option pour le taux moyen, avec des prélèvements sociaux de 17,2 % ou 7,5 % selon son affiliation.
- Lorsque la SCI vend un immeuble, l'associé non résident acquitte le prélèvement de 19 % sur sa part de plus-value ; un représentant fiscal accrédité est désigné pour les associés qui résident hors de l'Espace économique européen lorsque la fraction du prix qui leur revient dépasse 150 000 €.
- Depuis le 27 juin 2026, la cession de parts d'une SCI dont l'actif est principalement immobilier est constatée par acte authentique, par acte d'avocat ou, dans certains cas, par acte d'expert-comptable, à peine de nullité.
Pourquoi une SCI quand un ou plusieurs associés vivent hors de France ?
La SCI remplace les règles de l'indivision par celles que la famille choisit dans les statuts : un gérant, résidant en France ou non, administre le bien, signe les baux et règle les charges, sans que chaque décision courante réunisse tous les propriétaires. Pour une famille dispersée entre plusieurs pays, cette organisation évite les blocages et les procurations à répétition. Notre guide sur la SCI familiale présente ses avantages et ses contraintes générales.
La SCI facilite aussi la transmission progressive, par donations successives de parts. Elle a en contrepartie un coût : comptabilité, déclarations annuelles, assemblées, responsabilité des associés sur leurs biens personnels pour les dettes sociales, à proportion de leur part. Pour un associé non résident, elle ferme enfin l'accès à l'exonération de 150 000 € de plus-value, que l'administration réserve au logement détenu directement.
Les loyers de la SCI : l'imposition de chaque associé
Une SCI soumise à l'impôt sur le revenu est fiscalement transparente : elle dépose chaque année une déclaration de résultats, et chaque associé déclare sa quote-part des revenus fonciers sur sa propre déclaration. L'associé non résident relève du service des impôts des particuliers non-résidents. Son impôt est calculé au taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable de source française, puis de 30 % au-delà, pour les revenus 2025, sauf demande d'application du taux moyen calculé sur ses revenus mondiaux.
S'y ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, ramenés au prélèvement de solidarité de 7,5 % pour l'associé affilié à la sécurité sociale d'un État de l'Espace économique européen ou de la Suisse. La location meublée habituelle exposerait la SCI à l'impôt sur les sociétés ; notre guide sur la SCI à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés compare les deux régimes, et la convention fiscale du pays de résidence de chaque associé règle le sort des bénéfices distribués par une SCI à l'impôt sur les sociétés.
La SCI vend l'immeuble : prélèvement et représentant fiscal
Lorsque la SCI soumise à l'impôt sur le revenu vend un immeuble, la plus-value se calcule selon les règles des particuliers, avec les abattements pour durée de détention, puis se répartit entre les associés. Le notaire établit la déclaration et verse l'impôt lors de l'enregistrement de l'acte. L'associé non résident acquitte sur sa part le prélèvement de 19 % de l'article 244 bis A du Code général des impôts et les prélèvements sociaux, au taux complet ou au taux de 7,5 % selon son affiliation.
L'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité s'apprécie associé par associé : elle vise ceux qui résident hors de l'Espace économique européen, et le seuil de 150 000 € se calcule sur la fraction du prix correspondant à leurs droits. Les associés qui résident dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen en sont dispensés. Les taux et le rôle du représentant sont détaillés dans notre guide sur la plus-value des non-résidents.
Céder ses parts depuis l'étranger
Vendre ses parts plutôt que faire vendre l'immeuble reste possible, sous réserve de l'agrément prévu par les statuts. Depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil exige que la cession de parts d'une société à prépondérance immobilière soit constatée par acte authentique, par acte contresigné par avocat ou, dans les cas où il est habilité, par acte d'expert-comptable ; l'administration refuse d'enregistrer une cession sous une autre forme. La réforme fait l'objet de notre guide sur la cession de parts de SCI par acte authentique.
L'associé non résident qui cède ses parts supporte le même prélèvement de 19 % sur sa plus-value, puisque les parts d'une société dont l'actif est principalement immobilier suivent le régime des immeubles, avec les mêmes règles de représentation fiscale. Il signe l'acte de cession par procuration notariée reçue à distance, sans se déplacer.
Gérer la SCI à distance : gérance, décisions, comptes
Le gérant peut résider à l'étranger, mais la gestion quotidienne gagne à s'appuyer sur un relais en France : cogérant, gestionnaire de biens ou associé résident. Les décisions collectives se prennent en assemblée, par consultation écrite si les statuts le prévoient (article 1853 du Code civil), ou par un acte signé de tous les associés (article 1854). Des statuts rédigés pour une famille internationale organisent les convocations par courriel, le vote par correspondance et la tenue des comptes.
Chaque année, la SCI approuve ses comptes et dépose sa déclaration de résultats ; les associés qui financent les travaux par des apports en compte courant en gardent la trace, remboursable ou transmissible. Une SCI détenant des immeubles en France est en outre soumise, sauf exonération, à la taxe annuelle de 3 % de l'article 990 D du Code général des impôts : l'article 990 E l'en exonère à condition qu'elle satisfasse aux obligations déclaratives relatives à ses associés. Nous vérifions chaque année ce point avec votre expert-comptable.
Transmettre des parts entre plusieurs pays
Au décès d'un associé, les parts entrent dans sa succession, régie par une loi unique, celle de sa dernière résidence habituelle ou celle de sa nationalité s'il l'a choisie par testament. Sur le plan fiscal, les parts d'une société dont l'actif est principalement composé d'immeubles situés en France sont des biens français : la France les taxe même lorsque le défunt et ses héritiers vivent à l'étranger (article 750 ter du Code général des impôts), sous réserve des conventions fiscales. Les statuts peuvent soumettre l'entrée des héritiers à agrément.
Les donations de parts obéissent aux mêmes règles de territorialité ; la décote pour non-liquidité et le démembrement de propriété en réduisent le coût, comme l'explique notre guide sur la donation de parts de SCI. Les parts entrent enfin dans l'impôt sur la fortune immobilière de l'associé non résident, pour la fraction de leur valeur représentative d'immeubles situés en France.
Exemple chiffré
Une SCI familiale vend un immeuble de rapport à Chartres
Paul, installé à Singapour, et sa sœur Anne, installée à Munich et affiliée à la sécurité sociale allemande, détiennent chacun la moitié d'une SCI à l'impôt sur le revenu. La SCI a acheté en mars 2016 un petit immeuble à Chartres pour 250 000 €, avec 20 000 € de frais justifiés, et le vend 400 000 € en octobre 2026, après dix années pleines de détention.
- Plus-value brute de la SCI (400 000 € − 270 000 €)
- 130 000 €, soit 65 000 € par associé
- Base imposable à 19 % par associé (abattement de 30 %)
- 45 500 €, soit 8 645 € d'impôt chacun
- Base des prélèvements sociaux par associé (abattement de 8,25 %)
- 59 637,50 €
- Prélèvements sociaux de Paul (17,2 %)
- 10 257,65 €
- Prélèvement de solidarité d'Anne (7,5 %)
- 4 472,81 €
- Représentant fiscal
- Requis pour Paul : sa part du prix atteint 200 000 € ; Anne en est dispensée
- Exonération de 150 000 €
- Inapplicable : l'immeuble appartient à la SCI
Paul supporte 18 902,65 € d'impôt et la rémunération d'un représentant fiscal, Anne 13 117,81 €. La désignation du représentant se prépare dès l'avant-contrat pour que le prix soit versé sans retard ; les deux associés signent par procuration reçue à distance.
Questions fréquentes
Puis-je être gérant de la SCI en vivant à l'étranger ?
Oui : la gérance d'une société civile est ouverte à une personne qui réside à l'étranger. En pratique, un gérant éloigné gagne à désigner un cogérant ou un gestionnaire en France pour les actes courants, et à disposer d'un accès en ligne au compte bancaire de la société. Les décisions importantes restent prises par les associés, selon les règles des statuts.
Faut-il apporter à une SCI le bien que je détiens en direct avant de partir ?
L'apport d'un immeuble à une SCI est une mutation qui a un coût, en droits et en frais, et qui peut dégager une plus-value imposable. Il fait aussi perdre, pour la suite, l'exonération de 150 000 € réservée aux logements détenus directement, et le cas échéant celle de l'ancienne résidence principale. Nous comparons avec vous ces coûts aux avantages attendus avant toute décision.
Mes enfants peuvent-ils recevoir des parts si je vis à l'étranger ?
Oui. La donation est reçue par acte notarié, signé à distance par procuration. Les parts d'une SCI détenant des immeubles en France sont taxées en France, avec les abattements habituels, même si le parent et les enfants vivent hors de France. Notre guide sur la donation entre la France et l'étranger précise les règles de territorialité et le rôle des conventions fiscales.
La SCI doit-elle avoir un représentant fiscal en permanence ?
Le représentant fiscal accrédité se désigne pour une vente déterminée, lorsque des associés résident hors de l'Espace économique européen et que la fraction du prix qui leur revient dépasse 150 000 €. Il répond du paiement de l'impôt sur la plus-value de cette opération. La gestion courante de la SCI et la déclaration des loyers se passent de lui.
Premier rendez-vous
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Consultation en visioconférence et signature par procuration à distance.
7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.
Sources
- BOFiP, représentant fiscal des non-résidents cédant un immeuble (BOI-RFPI-PVINR-30-20)
- BOFiP, champ du prélèvement sur les plus-values immobilières des non-résidents (BOI-RFPI-PVINR-10-20)
- Impots.gouv.fr, plus-values immobilières des non-résidents
- Conseil supérieur du notariat, cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière : les règles changent
- Service-public.gouv.fr, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine