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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

Divorce

Partage des biens après un divorce : l'acte, le droit de partage de 1,1 % et le coût

L'acte qui attribue les biens des ex-époux, sa fiscalité réduite depuis 2022 et le détail des frais, avec un exemple complet.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Le partage d'un bien immobilier entre époux ou ex-époux se fait obligatoirement par acte notarié.
  • Le droit de partage est de 1,1 % de l'actif net partagé pour les partages consécutifs à un divorce, une séparation de corps ou la rupture d'un PACS, contre 2,5 % dans les autres cas (article 746 du Code général des impôts).
  • Il se calcule sur la valeur nette de tous les biens partagés, prêts déduits, et non sur la seule soulte.
  • Les émoluments du notaire suivent un barème national dégressif, appliqué à l'actif brut : 4,837 % jusqu'à 6 500 €, puis 1,995 %, 1,330 % et 0,998 % au-delà de 60 000 €, hors taxes.

Quand faut-il un acte de partage notarié ?

Le partage attribue à chaque ex-époux des biens précis, en fonction des droits calculés lors de la liquidation du régime matrimonial. Dès qu'il porte sur un bien soumis à la publicité foncière, maison, appartement, terrain ou parking, il doit être reçu par un notaire, qui le publie au service de la publicité foncière : c'est ce qui rend l'attribution opposable aux tiers et permet ensuite de vendre ou d'hypothéquer le bien.

Dans un divorce par consentement mutuel, le partage figure dans l'état liquidatif signé avant la convention. Dans un divorce judiciaire, il peut être signé pendant la procédure, sous forme de convention homologuée par le juge, ou après le jugement. Le partage peut être total ou partiel : les ex-époux peuvent partager l'épargne tout de suite et conserver la maison en indivision jusqu'à sa vente.

Le contenu de l'acte

L'acte de partage reprend la désignation des époux, le régime matrimonial, la date des effets du divorce et la date de jouissance divise, puis décrit la masse à partager : actif, passif, récompenses ou créances. Il fixe les droits de chacun et compose les lots. Lorsque la valeur d'un lot dépasse les droits de son attributaire, celui-ci verse une soulte à l'autre ; son montant, son financement et ses modalités de paiement figurent dans l'acte.

L'acte organise aussi la prise en charge des dettes, en particulier du prêt immobilier. Cette répartition lie les ex-époux entre eux ; la banque reste libre d'accepter ou non de libérer l'un d'eux, d'où l'importance d'obtenir son accord avant la signature, comme l'explique notre guide sur la désolidarisation du crédit.

  • Désignation et origine de propriété de chaque bien.
  • Valeurs retenues à la date de jouissance divise.
  • Comptes de récompenses ou créances entre époux.
  • Composition des lots et montant de la soulte.
  • Sort des prêts, des garanties et des charges.
  • Déclarations fiscales et répartition des frais de l'acte.

Le droit de partage à 1,1 %

Le droit de partage est un impôt perçu par l'État sur les actes de partage. Son taux normal est de 2,5 %. La loi de finances pour 2020 l'a abaissé pour les partages des intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, à un divorce ou à la rupture d'un PACS : 1,8 % à compter du 1er janvier 2021, puis 1,1 % depuis le 1er janvier 2022. Ce taux reste en vigueur en 2026. Les concubins qui se séparent restent au taux de 2,5 %, le gouvernement ayant confirmé en 2025 qu'aucune extension n'était prévue.

Le droit se calcule sur l'actif net partagé : la valeur de l'ensemble des biens partagés, déduction faite du passif qui les grève. Une maison de 300 000 € encore grevée d'un prêt de 100 000 € représente ainsi un actif net de 200 000 €, taxé 2 200 €, quel que soit le montant de la soulte. Lorsque le partage intervient entre les époux, la soulte ne supporte aucun droit de mutation supplémentaire : l'opération reste soumise au seul droit de partage.

Les biens propres, que chaque époux reprend, restent en dehors du partage et du droit de partage. Le droit de partage est acquitté par le notaire lors de l'enregistrement de l'acte, sur les fonds que les époux lui ont remis avant la signature ; son montant figure dans le décompte qui leur est communiqué avec le projet d'acte.

Partage ou licitation : la forme de l'acte compte

Lorsqu'un époux rachète la part de l'autre sur un bien commun ou indivis, deux rédactions sont possibles. L'acte de partage attribue le bien à l'un moyennant une soulte et bénéficie du taux de 1,1 % sur l'actif net partagé. La licitation, qui prend la forme d'une cession de droits indivis, reste soumise au droit de 2,5 % de l'article 750 du Code général des impôts, calculé sur les droits acquis : l'administration a précisé que la baisse de taux ne s'étendait pas aux licitations.

Le choix dépend de la situation : la licitation porte sur une assiette plus étroite, le partage sur un taux plus faible. Nous comparons les deux calculs avant de rédiger l'acte. Le guide sur le rachat de soulte détaille le calcul de la somme à verser et son financement.

Les autres frais de l'acte

Les émoluments du notaire sont fixés par le tarif réglementé, maintenu par l'arrêté du 25 février 2026 jusqu'au 29 février 2028, et identiques dans toutes les études. Pour un partage de biens communs, ils se calculent sur l'actif brut, par tranches : 4,837 % jusqu'à 6 500 €, 1,995 % de 6 500 à 17 000 €, 1,330 % de 17 000 à 60 000 €, 0,998 % au-delà, hors taxes, auxquels s'ajoute la TVA de 20 %. La reprise des biens propres donne lieu à un émolument réduit. Un barème distinct, moins élevé, s'applique au partage de biens indivis entre époux séparés de biens.

S'y ajoutent la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % de la valeur des immeubles, perçue lors de la publication, les émoluments de formalités et les débours, c'est-à-dire les sommes avancées par l'étude pour obtenir les documents nécessaires. Les ex-époux répartissent librement ces frais entre eux ; à défaut de précision, ils les supportent à proportion de leurs droits. Notre simulateur permet une première estimation.

Préparer la signature de l'acte

L'acte de partage se prépare en plusieurs semaines. Le notaire réunit les titres de propriété, obtient les renseignements hypothécaires et cadastraux, sollicite le décompte de la banque et, le cas échéant, l'accord de désolidarisation ou l'offre du nouveau prêt. Il adresse ensuite un projet aux deux époux et à leurs avocats, qui peuvent en discuter les termes avant la signature.

Le jour de la signature, l'époux qui verse une soulte remet les fonds à l'étude, par virement, avec les frais de l'acte. Le notaire règle la soulte à l'autre époux, rembourse le cas échéant l'ancien prêt, acquitte le droit de partage et publie l'acte. Les époux qui ne peuvent se déplacer à Chartres signent par procuration, y compris à distance, comme l'explique notre page sur les actes à distance.

Plus-value et autres conséquences fiscales

Le partage entre époux d'un bien commun, ou d'un bien indivis acquis ensemble avant ou pendant le mariage, relève fiscalement du partage, distinct d'une vente : il échappe à l'imposition de la plus-value, même lorsqu'une soulte est versée (article 150 U, IV du Code général des impôts). L'époux attributaire conserve, pour le calcul d'une plus-value future, la date et le prix de l'acquisition d'origine.

La vente du bien à un tiers obéit en revanche aux règles de droit commun. Tant que le bien reste la résidence principale du vendeur, la plus-value est exonérée ; lorsque l'un des époux a déjà quitté le logement, l'administration fiscale admet, dans certaines situations de séparation, le maintien de l'exonération à son profit, sous conditions à vérifier avant la vente. Le guide sur la vente ou la conservation de la maison compare les options.

Exemple chiffré

Le coût complet d'un partage après divorce

Nathalie et Loïc, mariés sans contrat, partagent leur maison de Chartres estimée 250 000 €, grevée d'un prêt de 60 000 €, 40 000 € d'épargne et une voiture de 10 000 €. Nathalie garde la maison et le prêt ; Loïc reçoit l'épargne, la voiture et une soulte.

Actif brut
300 000 €
Actif net partagé (300 000 € − 60 000 €)
240 000 €
Droits de chacun
120 000 €
Soulte due par Nathalie (190 000 € de maison nette − 120 000 €)
70 000 €
Droit de partage (1,1 % × 240 000 €)
2 640 €
Émoluments du notaire (barème sur 300 000 €)
3 490,98 € HT, soit 4 189,18 € TTC
Contribution de sécurité immobilière (0,10 % × 250 000 €)
250 €
Total hors formalités et débours
7 079,18 €

Les frais représentent environ 3 % de l'actif net partagé. Le droit de partage est calculé sur l'ensemble des biens partagés, et non sur la soulte de 70 000 €. Rédigé sous forme de licitation, le rachat de la moitié de la maison aurait relevé du taux de 2,5 %.

Refaire le calcul avec vos chiffres : coût d'un partage

Questions fréquentes

Qui paie les frais de partage ?

Les ex-époux choisissent librement. Le plus souvent, chacun supporte les frais à proportion de ses droits, soit la moitié chacun ; il arrive aussi que l'époux qui conserve la maison les prenne en charge, en contrepartie d'une soulte ajustée. L'acte précise la répartition retenue, qui s'impose ensuite entre eux.

Le droit de partage est-il dû si nous vendons la maison ?

La vente à un tiers donne lieu aux frais habituels à la charge de l'acquéreur. Le partage du prix entre les ex-époux, lorsqu'il est constaté dans l'état liquidatif, supporte le droit de partage de 1,1 % sur les sommes partagées. Vendre avant de partager évite donc les frais d'un acte de partage immobilier, sans supprimer le droit de partage sur le prix.

Le taux de 1,1 % s'applique-t-il aux époux séparés de biens ?

Oui. Le taux réduit vise les partages consécutifs à un divorce, quel que soit le régime matrimonial. Des époux séparés de biens qui partagent la maison achetée ensemble en bénéficient, comme des époux mariés sous le régime de la communauté. Le guide sur le divorce en séparation de biens présente les comptes propres à ce régime.

Peut-on payer la soulte plus tard ?

Oui. L'acte peut prévoir un paiement différé ou échelonné, éventuellement garanti par une hypothèque sur le bien attribué, notamment l'hypothèque légale du copartageant. Les droits de l'époux créancier sont alors protégés, et le montant peut être indexé. Cette solution évite un nouveau prêt, mais suppose une relation de confiance entre les ex-époux.

Existe-t-il un délai pour partager après le divorce ?

Les ex-époux partagent quand ils le souhaitent et peuvent rester en indivision aussi longtemps qu'ils l'organisent. Certaines créances se prescrivent toutefois, notamment l'indemnité d'occupation, soumise à un délai de cinq ans. Un partage rapide limite aussi les désaccords sur l'évolution des valeurs et des charges.

Premier rendez-vous

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L'étude partage les biens et prépare les actes, en lien avec vos avocats.

7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.

Sources

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