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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

Divorce

Impôts l'année du divorce : déclarations séparées, quotient familial et pensions

L'année de la séparation, chaque ex-époux déclare seul ses revenus de l'année entière. Rattachement des enfants, parent isolé, pensions alimentaires, prestation compensatoire, prélèvement à la source : les règles pour les revenus 2025 déclarés en 2026.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • L'année du divorce, chaque ex-époux déclare seul, pour l'année entière, ses revenus personnels et sa part des revenus communs, quelle que soit la date du divorce.
  • Les époux en instance de divorce autorisés à résider séparément déposent déjà des déclarations distinctes ; ceux qui vivent encore sous le même toit continuent de déclarer ensemble.
  • En résidence alternée, chaque parent compte un quart de part par enfant pour les deux premiers ; le parent qui vit seul avec ses enfants bénéficie d'une majoration (case T), plafonnée à 4 262 € pour les revenus 2025.
  • La pension alimentaire versée pour un enfant mineur est déductible pour celui qui la paie et imposable pour celui qui la reçoit ; la prestation compensatoire en capital versée dans les douze mois ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 %, au plus 7 625 €.
  • La séparation doit être signalée à l'administration fiscale dans les soixante jours pour adapter le prélèvement à la source.

Une déclaration chacun, pour toute l'année

L'année du divorce, de la séparation de corps ou de la rupture d'un PACS, chaque ex-conjoint dépose sa propre déclaration, avec ses seuls revenus et charges pour l'année entière, quelle que soit la date de l'événement. Aucune déclaration commune n'est déposée pour la période de vie commune de cette année-là. Chacun déclare ses salaires, pensions et revenus personnels, et sa quote-part des revenus des biens communs ou indivis, comme les loyers d'un appartement ou les intérêts d'un compte joint.

Les charges suivent la même logique : chacun déclare celles qu'il a effectivement supportées, par exemple les frais de garde des enfants, les dons ou les cotisations d'épargne retraite. La déclaration se fait en ligne, chacun avec son numéro fiscal, en signalant le changement de situation de famille. Chaque ex-époux reçoit ensuite son propre avis d'imposition.

À partir de quand déclarer séparément ?

Les époux sont imposés séparément, avant même le divorce, lorsqu'ils sont mariés en séparation de biens et ne vivent pas sous le même toit, lorsqu'ils sont en instance de divorce ou de séparation de corps et autorisés à avoir des résidences séparées, ou lorsque l'un a abandonné le domicile conjugal et que chacun dispose de revenus distincts. Dans le divorce judiciaire, la décision du juge sur la résidence séparée marque souvent ce point de départ.

Des époux qui continuent de vivre sous le même toit pendant la procédure restent soumis à l'imposition commune. Lorsque la séparation de fait précède de beaucoup le divorce amiable, la date à retenir mérite d'être vérifiée avec l'administration ou un conseil, car elle détermine l'année du passage aux déclarations séparées.

Les enfants : rattachement, résidence alternée et case T

Les enfants mineurs sont comptés à la charge du parent chez qui ils résident à titre principal. Chaque enfant ouvre droit à une demi-part pour les deux premiers et à une part à partir du troisième. En résidence alternée, les enfants sont réputés à la charge égale des deux parents, sauf preuve contraire : chacun bénéficie d'un quart de part par enfant pour les deux premiers, et d'une demi-part à partir du troisième.

Le parent qui vit seul et élève seul ses enfants coche la case T : le premier enfant lui ouvre alors une part entière au lieu d'une demi-part, ou une demi-part au lieu d'un quart en résidence alternée. La majoration disparaît en cas de vie en couple, même sans mariage ni PACS. L'avantage fiscal procuré par les parts d'enfants est plafonné : pour les revenus 2025, 1 807 € par demi-part, et 4 262 € pour la part accordée au premier enfant d'un parent isolé.

Les modalités de résidence et le montant de la pension se décident dans la convention ou par le juge, selon les principes présentés dans notre guide sur les enfants dans le divorce. Leurs effets fiscaux gagnent à être chiffrés avant la signature.

Les pensions alimentaires

La pension versée pour un enfant mineur qui n'est pas compté à votre charge est déductible de votre revenu, pour le montant fixé par la convention ou le jugement, revalorisé. Le parent qui la reçoit l'ajoute à ses revenus imposables. En résidence alternée, aucune pension n'est en principe déductible, puisque chaque parent bénéficie déjà des parts correspondantes. Les frais liés au droit de visite restent à la charge de celui qui les engage, sans déduction.

Pour un enfant majeur, la déduction est plafonnée à 6 855 € par enfant pour les revenus 2025, à condition de ne pas le rattacher à votre foyer fiscal. La pension versée à l'époux pendant la procédure, au titre du devoir de secours, est déductible pour celui qui la paie et imposable pour celui qui la reçoit, dès lors que les époux sont imposés séparément.

La prestation compensatoire

Le traitement fiscal dépend de la forme et du rythme du versement. Un capital payé en une fois ou sur douze mois au plus à compter du jugement définitif ouvre droit, pour celui qui le verse, à une réduction d'impôt de 25 % des sommes versées, retenues dans la limite de 30 500 €, soit 7 625 € au plus ; il n'est pas imposable pour celui qui le reçoit. Un capital étalé sur plus de douze mois, ou une rente, est déductible pour le débiteur et imposable pour le bénéficiaire, comme une pension.

La prestation versée par l'attribution d'un bien immobilier obéit à des règles propres, décrites dans notre guide sur la prestation compensatoire en bien immobilier. Le choix de la forme mérite une simulation pour les deux ex-époux, car l'avantage de l'un peut se traduire par une imposition de l'autre.

Prélèvement à la source et solidarité fiscale

La séparation se déclare dans les soixante jours dans l'espace particulier du site impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». Chacun reçoit alors un taux individuel calculé sur ses propres revenus, et les acomptes sur les revenus fonciers sont répartis. Sans cette démarche, le taux commun continue de s'appliquer jusqu'à la déclaration suivante.

Les époux restent solidairement tenus de l'impôt sur le revenu des années d'imposition commune (article 1691 bis du Code général des impôts). Un ex-époux peut demander à en être déchargé lorsque la dette est disproportionnée au regard de sa situation, sous conditions ; notre guide sur les dettes du couple au divorce en détaille les critères. Le partage des biens relève, lui, des droits d'enregistrement : le droit de partage de 1,1 % présenté dans le guide sur le partage des biens après un divorce.

Exemple chiffré

Alice et Benoît, séparés en 2025

Alice et Benoît divorcent en 2025. Leurs deux enfants résident chez Alice, qui vit seule avec eux. Benoît verse 300 € par mois et par enfant de pension alimentaire, et une prestation compensatoire de 20 000 € en capital, payée en une fois après le jugement.

Parts d'Alice (1 + 0,5 + 0,5 + 0,5 au titre de la case T)
2,5 parts
Parts de Benoît
1 part
Pension déduite par Benoît (300 € × 2 × 12)
7 200 €
Pension ajoutée aux revenus d'Alice
7 200 €
Réduction d'impôt de Benoît (25 % × 20 000 €)
5 000 €
Prestation compensatoire imposable chez Alice
0 €

Chacun déclare seul ses revenus de toute l'année 2025. Si les enfants résidaient en alternance, Alice et Benoît auraient chacun 1,75 part avec la case T, et la pension ne serait en principe plus déductible.

Refaire le calcul avec vos chiffres : coût d'un partage

Questions fréquentes

Nous avons divorcé en décembre : devons-nous faire une déclaration commune jusqu'à cette date ?

Non. Chaque ex-époux déclare seul la totalité de ses revenus de l'année, y compris ceux perçus pendant les mois de vie commune. La date du divorce n'a pas d'incidence sur ce principe ; seule compte l'année au cours de laquelle il intervient.

Qui déclare les revenus de la maison louée que nous possédons encore ensemble ?

Chacun déclare sa quote-part des loyers et des charges, en principe la moitié pour un bien commun ou indivis par moitié. La même répartition vaut pour les intérêts des comptes joints. Le guide sur les revenus fonciers détaille la déclaration.

Je vis de nouveau en couple : puis-je garder la case T ?

La majoration de parent isolé suppose de vivre seul : une vie en concubinage, même sans mariage ni PACS, la fait perdre. Les enfants restent en revanche comptés à votre charge et vous gardez les parts correspondantes. Signalez ce changement lors de la déclaration suivante, car l'administration peut remettre en cause la majoration pour les années concernées.

Les frais d'avocat et de notaire du divorce sont-ils déductibles ?

Les frais de procédure et de partage sont des dépenses personnelles, sans déduction ni réduction d'impôt. Seules les pensions et la prestation compensatoire bénéficient d'un traitement fiscal particulier. Le coût d'ensemble est présenté dans notre guide sur le coût d'un divorce.

Nous étions pacsés : les règles sont-elles les mêmes ?

Oui. L'année de la dissolution du PACS, chaque ex-partenaire déclare seul ses revenus de l'année entière. Les règles relatives aux enfants, à la pension alimentaire et à la case T s'appliquent de la même façon. La prestation compensatoire, propre au divorce, n'existe pas entre partenaires ; les sommes versées à l'ex-partenaire lui-même ne sont pas déductibles, alors que la pension versée pour les enfants l'est dans les conditions décrites plus haut.

Mon enfant majeur étudiant vit chez moi : dois-je le rattacher ou déduire une pension ?

Le parent chez qui vit l'enfant majeur peut le rattacher à son foyer fiscal, ce qui lui ouvre une demi-part, ou déduire les frais d'entretien qu'il assume : un forfait de 4 075 € pour le logement et la nourriture, dans une limite totale de 6 855 € pour les revenus 2025 avec les autres dépenses justifiées. Les deux avantages ne se cumulent pas. L'autre parent qui verse une pension à cet enfant peut la déduire dans la même limite, si l'enfant n'est rattaché à aucun des deux. Une simulation sur le site impots.gouv.fr permet de comparer les options.

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Sources

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