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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

International

IFI des non-résidents : biens imposables en France, calcul et déclaration

Le non-résident fiscal paie l'IFI sur ses seuls biens immobiliers situés en France, détenus directement ou par des sociétés, lorsque leur valeur nette dépasse 1 300 000 € au 1er janvier.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Une personne domiciliée fiscalement hors de France est redevable de l'IFI à raison de ses seuls biens et droits immobiliers situés en France, lorsque leur valeur nette dépasse 1 300 000 € au 1er janvier.
  • Les immeubles détenus par des sociétés, françaises ou étrangères, entrent dans l'assiette à proportion de leur part dans la valeur des titres.
  • Les dettes afférentes aux biens français imposables se déduisent dans les conditions de droit commun ; le plafonnement à 75 % des revenus est en principe réservé aux redevables domiciliés en France.
  • La déclaration se fait sur l'annexe 2042-IFI, jointe à la déclaration de revenus, ou sur le formulaire 2042-IFI-COV lorsque aucune déclaration de revenus n'est due ; le service des impôts des particuliers non-résidents est compétent.
  • Les conventions fiscales conclues par la France peuvent modifier ces règles : leur texte se lit avant toute déclaration.

Qui est non-résident au regard de l'IFI ?

La résidence fiscale s'apprécie selon les critères de l'article 4 B du Code général des impôts : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Est non-résidente la personne qui échappe à chacun de ces critères. Pour l'IFI, la situation s'apprécie au 1er janvier de chaque année : un départ à l'étranger en juin 2026 laisse l'IFI 2026 calculé sur l'ensemble du patrimoine mondial, et l'IFI 2027 limité aux biens français.

Une convention fiscale peut trancher un conflit de résidence entre deux États. Les Français domiciliés à Monaco restent imposés comme s'ils résidaient en France. Les critères et les vérifications que nous menons avant un acte sont détaillés dans notre guide résident ou non-résident fiscal.

Les biens imposables : l'immobilier situé en France

Entrent dans l'assiette les immeubles bâtis et non bâtis situés en France, qu'ils soient occupés, loués ou vacants, les droits réels immobiliers comme l'usufruit, et les parts ou actions de sociétés pour la fraction de leur valeur représentative d'immeubles français. Une maison de famille dans le Perche, un appartement loué à Chartres et des parts de SCPI investies en France s'additionnent.

Les immeubles situés hors de France, les comptes bancaires, les portefeuilles de titres et les contrats de capitalisation en fonds en euros restent en dehors de l'impôt. Les exclusions de droit commun s'appliquent aussi aux non-résidents : immeubles affectés à leur activité professionnelle, participations de moins de 10 % dans des sociétés opérationnelles, exonérations partielles des bois, forêts et biens ruraux loués à long terme.

Un usufruitier déclare en principe la pleine propriété du bien (article 968 du CGI). Un non-résident qui a donné la nue-propriété de sa maison française à ses enfants continue donc de la déclarer pour sa valeur entière. La répartition entre usufruitier et nus-propriétaires selon le barème de l'article 669 reste réservée à quelques cas, comme l'usufruit légal du conjoint survivant.

Calcul : seuil, barème, dettes et abattement

Le seuil de 1 300 000 € et le barème de 0,50 % à 1,50 % sont ceux des résidents, décote comprise entre 1 300 000 € et 1 400 000 €. Le seuil s'apprécie sur la seule valeur nette des biens français : un patrimoine mondial important reste sans effet sur l'IFI tant que l'immobilier français, net de ses dettes, reste sous le seuil.

Les dettes existant au 1er janvier et afférentes aux biens français imposables se déduisent, quelle que soit la nationalité ou la localisation du prêteur, sous les limites habituelles : prêts in fine, prêts familiaux, patrimoines de plus de 5 000 000 € fortement endettés. Un emprunt qui a financé un bien situé à l'étranger reste sans effet.

L'abattement de 30 % bénéficie à la résidence principale ; celle d'un non-résident se trouve par définition hors de France. Une maison française occupée pendant les vacances se déclare donc pour sa pleine valeur. Le plafonnement de l'IFI en fonction des revenus est réservé aux redevables domiciliés en France, sauf pour les non-résidents qui tirent de France la totalité ou la quasi-totalité de leurs revenus.

Détenir par une société française ou étrangère

Détenir un bien français par une SCI ou par une société étrangère laisse l'IFI entier : les titres sont imposables pour la fraction représentative des immeubles situés en France, quelle que soit la nationalité de la société et le nombre de niveaux d'interposition. Les dettes de la société obéissent aux règles de l'article 973 du CGI, qui écartent notamment les prêts consentis par l'associé ou sa famille, comme l'expose notre guide IFI et parts de SCI.

Les entités juridiques qui possèdent des immeubles en France sont en outre soumises à une taxe annuelle de 3 % de leur valeur vénale (article 990 D du CGI), sauf exonération. Les sociétés établies en France, dans l'Union européenne ou dans un État lié à la France par une convention d'assistance administrative en sont exonérées à condition de déclarer chaque année leurs immeubles et leurs associés, sur le formulaire 2746, avant le 15 mai, ou de relever d'une autre dispense. Une SCI française qui dépose chaque année sa déclaration de résultats n° 2072 est, sous conditions, dispensée du formulaire 2746 ; les points de gestion sont traités dans notre guide sur la SCI d'un associé non-résident.

Déclarer et payer l'IFI depuis l'étranger

Le non-résident déclare son patrimoine immobilier français sur l'annexe 2042-IFI, jointe à sa déclaration de revenus lorsqu'il en dépose une, par exemple parce qu'il perçoit des loyers en France. Lorsqu'aucune déclaration de revenus n'est due, il utilise le formulaire 2042-IFI-COV. La déclaration se fait en ligne depuis l'espace particulier sur impots.gouv.fr, dans le calendrier fixé chaque printemps pour les non-résidents.

Le service des impôts des particuliers non-résidents, 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex, gère le dossier. L'impôt est mis en recouvrement par avis ; au-delà de 300 €, il se paie par prélèvement ou paiement en ligne sur un compte bancaire de la zone SEPA. Le défaut ou le retard de déclaration entraîne une majoration de 10 %, portée à 40 % faute de déclaration dans les trente jours d'une mise en demeure.

Conventions fiscales, départ et retour en France

Plusieurs conventions fiscales conclues par la France traitent de l'impôt sur la fortune : elles règlent la résidence et peuvent attribuer le droit d'imposer certains biens à l'un ou l'autre État. Chaque convention se lit dans son texte en vigueur, et l'étude vérifie avec votre conseil fiscal à l'étranger celle qui s'applique à votre situation.

Le départ à l'étranger réduit l'assiette aux seuls biens français à compter du 1er janvier suivant ; le retour en France fait entrer de nouveau les biens étrangers, avec un régime de faveur de cinq ans pour les personnes qui n'étaient plus domiciliées en France depuis au moins cinq années civiles. Ces transitions sont détaillées dans nos guides partir vivre à l'étranger et revenir vivre en France.

Organiser un patrimoine français depuis l'étranger

Un non-résident proche du seuil suit la valeur de ses biens chaque année : une maison de famille en Eure-et-Loir, un appartement locatif et quelques parts de SCPI peuvent franchir 1 300 000 € par le seul effet du marché. Les leviers de droit commun restent ouverts : donation en pleine propriété aux enfants, vente d'un bien, financement à crédit. Leurs effets dans votre pays de résidence, en matière de droits de donation notamment, s'analysent en parallèle.

Nous établissons à distance l'estimation de vos biens situés à Chartres et dans le département, la déclaration des dettes déductibles et, le cas échéant, les actes de donation ou de vente, signés par procuration ou par visioconférence depuis l'étranger. Les modalités sont présentées sur notre page des actes à distance.

Exemple chiffré

Un couple installé à l'étranger, propriétaire en Eure-et-Loir

Un couple marié, domicilié fiscalement à l'étranger depuis 2020, possède au 1er janvier 2026 une maison familiale en Eure-et-Loir estimée 650 000 €, un appartement loué à Chartres de 380 000 € financé par un emprunt dont il reste 100 000 € à rembourser, et des parts de SCPI dont la valeur immobilière atteint 150 000 €. Sa résidence principale, à l'étranger, vaut 2 000 000 €.

Maison familiale en Eure-et-Loir (pleine valeur)
650 000 €
Appartement loué à Chartres
380 000 €
Parts de SCPI (fraction immobilière)
150 000 €
Emprunt de l'appartement, déductible
− 100 000 €
Patrimoine net taxable en France
1 080 000 €
IFI 2026 dû en tant que non-résident
0 €
Assiette s'ils résidaient en France (résidence principale 1 400 000 € après abattement)
2 480 000 €
IFI qui serait dû (2 500 € + 1 180 000 € × 0,70 %)
10 760 €

Seuls les biens français comptent, et leur valeur nette reste sous le seuil de 1 300 000 €. Une hausse de 250 000 € de la valeur de la maison ou le remboursement anticipé du prêt suffirait pourtant à rendre le couple imposable : l'estimation se refait chaque année, au 1er janvier.

Refaire le calcul avec vos chiffres : impôt sur la fortune immobilière

Questions fréquentes

Je vis à l'étranger et ma maison en France est mon seul logement : ai-je droit à l'abattement de 30 % ?

L'abattement de 30 % suppose que le bien constitue votre résidence principale. Si vous êtes non-résident, votre foyer se situe hors de France et la maison française, même occupée plusieurs mois par an, se déclare pour sa pleine valeur. La question se pose différemment si votre résidence fiscale est en réalité restée en France : c'est alors l'ensemble de votre patrimoine mondial qui entre dans l'IFI.

Je quitte la France en septembre 2026 : quel IFI paierai-je ?

Votre situation s'apprécie au 1er janvier. Au 1er janvier 2026, vous étiez résident : l'IFI 2026 porte sur tous vos biens immobiliers, en France et à l'étranger. À partir du 1er janvier 2027, si votre domicile fiscal est bien transféré, seuls vos biens situés en France entrent dans l'assiette. Pensez à signaler votre changement d'adresse à l'administration et à conserver les justificatifs de votre installation.

Mon emprunt a été souscrit auprès d'une banque étrangère : est-il déductible ?

Oui, s'il a financé l'acquisition, la construction ou les travaux d'un bien imposable situé en France et s'il existe au 1er janvier. La localisation de la banque est indifférente. Les règles restrictives valent en revanche pour les prêts in fine, amortis fictivement chaque année, et pour les prêts familiaux, qui supposent de justifier de conditions normales. Conservez le contrat et le tableau d'amortissement, que l'administration peut demander.

Détenir ma maison par une société étrangère me fait-il échapper à l'IFI ?

L'IFI reste dû : les titres de la société sont imposables pour la fraction de leur valeur représentative de l'immeuble français, quel que soit le pays de la société. La structure ajoute même une contrainte, la taxe annuelle de 3 % de l'article 990 D du CGI, dont les sociétés établies dans l'Union européenne ou dans un État coopératif sont exonérées à condition de déclarer chaque année leurs immeubles et leurs associés.

Dois-je déposer une déclaration de revenus pour déclarer l'IFI ?

Si vous percevez des revenus de source française, comme des loyers, vous déposez une déclaration de revenus et y joignez l'annexe 2042-IFI. Si aucun revenu français n'est à déclarer, vous utilisez le formulaire 2042-IFI-COV, qui tient lieu de déclaration d'IFI seule. Dans les deux cas, le service des impôts des particuliers non-résidents, à Noisy-le-Grand, est votre interlocuteur.

Premier rendez-vous

Faire le point sur votre patrimoine ?

Nous dressons avec vous le bilan de votre patrimoine et les actes qui le protègent et le transmettent.

7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.

Sources

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