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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

Succession

Frais d'obsèques : qui les paie et comment les déduire de la succession

Les obsèques se paient d'abord avec l'argent du défunt, puis par la succession. Quand elle ne suffit pas, les enfants et le conjoint participent selon leurs moyens, même s'ils renoncent. Le point sur le prélèvement bancaire, le remboursement, les aides et la déduction fiscale.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Les frais d'obsèques sont d'abord payés avec l'argent du défunt : sur facture, la banque peut régler l'entreprise funéraire sur ses comptes dans la limite de 5 965 € en 2026 et du solde disponible.
  • Celui qui a avancé les frais est remboursé en priorité par la succession ; les frais funéraires sont une dette successorale, supportée par les héritiers à proportion de leurs droits.
  • Si la succession ne suffit pas, les enfants et les parents du défunt restent tenus des frais funéraires à proportion de leurs moyens, même lorsqu'ils renoncent à la succession (article 806 du Code civil).
  • Pour le calcul des droits de succession, les frais funéraires sont déduits de l'actif pour un montant forfaitaire de 1 500 €, sans justificatif (article 775 du Code général des impôts).

Qui organise les obsèques, et qui s'engage envers l'entreprise funéraire

Les obsèques sont organisées par la personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles, en respectant autant que possible les volontés exprimées par le défunt : le conjoint, un enfant, parfois un proche. Celui qui signe le devis et le bon de commande s'engage personnellement envers l'entreprise funéraire, qui peut lui réclamer le paiement de la facture.

Cet engagement envers l'entreprise se distingue de la charge finale de la dépense. La personne qui a payé a vocation à être remboursée : elle récupère la somme sur l'argent du défunt, puis sur la succession, et, à défaut, auprès des autres enfants ou parents tenus d'y contribuer. Conserver le devis signé, la facture détaillée et les preuves de paiement est indispensable pour obtenir ce remboursement.

Payer avec l'argent du défunt

La personne qui organise les funérailles peut demander à la banque du défunt de régler la facture d'obsèques sur ses comptes, dans la limite du solde disponible et d'un plafond de 5 965 € depuis le 1er janvier 2026 (article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier). La banque paie en général directement l'entreprise funéraire, sur présentation de la facture. Les autres modalités de déblocage des comptes figurent dans notre guide sur les comptes bancaires après un décès.

Lorsque le défunt avait souscrit un contrat obsèques, deux cas se présentent. Le contrat en prestations finance des obsèques définies à l'avance, que l'entreprise désignée exécute. Le contrat en capital verse une somme au bénéficiaire désigné, à charge pour lui de régler les frais. Le fichier des contrats d'assurance-vie, interrogé par le notaire, permet de retrouver un contrat dont la famille ignorait l'existence. Les choix à faire de son vivant sont présentés dans notre guide sur les volontés funéraires et le contrat obsèques.

Le remboursement par la succession

Les frais funéraires sont une dette de la succession. Celui qui les a avancés, qu'il soit héritier ou non, en obtient le remboursement lors du règlement, avant la répartition des biens entre les héritiers ; sa créance est privilégiée sur les meubles de la succession. Lorsque le notaire reçoit les fonds du défunt, il rembourse la personne qui a payé sur présentation de la facture acquittée.

Régler les obsèques avec les fonds du défunt est un acte purement conservatoire : il ne vaut pas acceptation de la succession (article 784 du Code civil). Un héritier peut donc s'en occuper sans renoncer à la possibilité de refuser ensuite une succession déficitaire. Les dettes du défunt et leur traitement sont détaillés dans notre guide sur la succession déficitaire.

Quand la succession ne suffit pas

Si l'actif du défunt ne couvre pas les frais, la charge passe à ses proches tenus de l'obligation alimentaire : ses enfants, ses parents, ses gendres et belles-filles dans certaines limites, ainsi que son conjoint au titre du devoir de secours. Chacun y contribue à proportion de ses moyens, et non à parts égales. L'enfant qui renonce à la succession de son père ou de sa mère reste tenu des frais funéraires à proportion de ses ressources (article 806 du Code civil).

Entre frères et sœurs, la répartition se fait en principe à l'amiable, en tenant compte des revenus et des charges de chacun ; à défaut, le juge aux affaires familiales tranche. Lorsque le défunt n'a laissé aucune ressource et qu'aucun proche n'est en mesure de payer, la commune prend en charge les obsèques des personnes dépourvues de ressources suffisantes (article L. 2223-27 du Code général des collectivités territoriales). La renonciation et ses effets sont décrits dans notre guide sur l'acceptation ou la renonciation à une succession.

Les aides qui peuvent réduire la dépense

Lorsque le défunt était, dans les trois mois précédant son décès, salarié, demandeur d'emploi indemnisé, en arrêt de travail ou titulaire d'une pension d'invalidité, l'Assurance maladie verse un capital décès forfaitaire de 4 009 € depuis le 1er avril 2026. Il revient en priorité aux proches qui étaient à sa charge effective, totale et permanente, s'ils le demandent dans le mois qui suit le décès ; à défaut, au conjoint ou au partenaire de PACS, puis aux enfants, puis aux ascendants, dans un délai de deux ans.

Les mutuelles, certaines caisses de retraite complémentaire et des contrats de prévoyance d'entreprise prévoient aussi un capital ou une allocation en cas de décès. Il est utile de les interroger dès les premières semaines : ces sommes, versées directement aux bénéficiaires, permettent souvent de rembourser la personne qui a avancé les frais sans attendre le règlement de la succession.

La déduction fiscale des frais funéraires

Dans la déclaration de succession, les frais funéraires sont déduits de l'actif pour un montant forfaitaire de 1 500 €, sans qu'il soit nécessaire d'en justifier ; si l'actif est inférieur à ce montant, il est déduit en totalité (article 775 du Code général des impôts). Le coût réel au-delà de 1 500 € reste une dette civile remboursée à celui qui a payé, mais n'augmente pas la déduction fiscale. Les autres règles de la déclaration figurent dans notre guide sur la déclaration de succession.

Lorsque le défunt ne laisse aucun actif, les enfants qui ont payé les obsèques de leur parent peuvent déduire ces frais de leur revenu imposable, au titre des pensions alimentaires versées à un ascendant. L'administration peut demander la preuve du lien de parenté, la facture acquittée et un justificatif de l'absence d'actif successoral.

Exemple chiffré

Des obsèques à 5 200 € et un compte de 3 800 €

Monsieur T., retraité veuf, décède à Chartres. Ses trois enfants organisent les obsèques, facturées 5 200 €. Il laisse un compte courant de 3 800 € et un livret de 12 000 € dans une autre banque.

Facture réglée par la banque sur le compte courant
3 800 €
Solde avancé par sa fille
1 400 €
Remboursement de sa fille sur le livret, au règlement de la succession
1 400 €
Actif restant à partager (12 000 € − 1 400 €)
10 600 €, soit 3 533,33 € par enfant
Déduction fiscale forfaitaire des frais funéraires
1 500 €
Déclaration de succession
non due, actif brut de 15 800 € inférieur à 50 000 €

La fille qui a avancé 1 400 € est intégralement remboursée avant le partage. Si le livret n'avait pas existé, les trois enfants auraient dû se répartir ce solde selon leurs moyens respectifs.

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Questions fréquentes

Je renonce à la succession de mon père : dois-je quand même payer ses obsèques ?

Oui, dans la mesure de vos moyens. La renonciation vous libère des dettes de la succession, mais la loi maintient l'obligation de chaque enfant de contribuer aux frais funéraires de son ascendant, à proportion de ses ressources. Le montant se répartit entre les enfants et les autres obligés selon leur situation. Payer ces frais n'emporte pas acceptation de la succession.

Le conjoint survivant doit-il payer seul les obsèques ?

Le conjoint qui organise les obsèques les paie souvent dans un premier temps, mais la dépense est à la charge de la succession. Lorsque les biens communs ou personnels du défunt le permettent, il en est remboursé au règlement. Lorsque la succession est insuffisante, il contribue au titre du devoir de secours entre époux, avec les enfants tenus de l'obligation alimentaire, chacun selon ses moyens.

J'ai payé seul les obsèques de ma mère : mes frères et sœurs doivent-ils me rembourser ?

Si la succession comprend des fonds, vous êtes remboursé sur l'actif avant tout partage, sur présentation de la facture acquittée. Si elle est insuffisante, vos frères et sœurs doivent contribuer à proportion de leurs moyens, au titre de l'obligation alimentaire envers leur mère. À défaut d'accord amiable, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales pour fixer la part de chacun.

Les frais de monument funéraire et de concession sont-ils des frais d'obsèques ?

Le coût de la cérémonie, du cercueil, de l'inhumation ou de la crémation relève des frais funéraires. L'achat d'une concession ou d'un monument se discute : pour les droits de succession, seul compte le forfait de 1 500 €, quel que soit le détail des dépenses. Entre héritiers, la répartition de ces frais se règle au cas par cas, ce que nous examinons lors du règlement.

La banque peut-elle refuser de payer la facture des obsèques ?

La banque peut limiter son paiement au solde disponible et au plafond de 5 965 €. Elle demande la facture de l'entreprise funéraire et un justificatif de l'identité de la personne qui a pourvu aux funérailles. Au-delà du plafond, le solde est réglé par les héritiers ou, après l'acte de notoriété, sur les fonds transférés au notaire.

Un contrat obsèques suffit-il à couvrir tous les frais ?

Cela dépend du contrat. Un contrat en prestations couvre les prestations décrites au contrat, mais pas les éventuels suppléments choisis par la famille. Un contrat en capital verse une somme fixée à l'avance, qui peut être inférieure ou supérieure au coût réel. Le surplus éventuel revient au bénéficiaire désigné ou à la succession selon les stipulations du contrat.

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Sources

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