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Notaires de France, Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres

Location

Révision du loyer : indice de référence des loyers (IRL), clause d'indexation et calcul

Comment réviser chaque année le loyer d'un logement d'habitation selon l'indice de référence des loyers, dans quels délais, et pourquoi les logements classés F ou G restent au loyer d'origine.

Par Maître Vianney Coudière, notaire à Chartres · Mis à jour le

L'essentiel

  • Le loyer d'un logement vide ou meublé loué comme résidence principale peut être révisé une fois par an, à condition que le bail contienne une clause de révision, selon l'indice de référence des loyers publié par l'Insee (article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989).
  • Le calcul est simple : loyer actuel × IRL du trimestre de référence ÷ IRL du même trimestre de l'année précédente. L'IRL du deuxième trimestre 2026 s'établit à 148,37, en hausse de 1,15 % sur un an.
  • Le bailleur dispose d'un an à compter de la date prévue pour demander la révision ; la hausse s'applique à partir de sa demande, sans effet rétroactif, et une année oubliée est définitivement perdue.
  • Pour un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique, toute révision et toute majoration sont interdites dans les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole.

Quand le loyer peut-il être révisé ?

La révision du loyer en cours de bail repose entièrement sur le contrat. Lorsque le bail prévoit une clause de révision, le loyer peut évoluer une fois par an, à la date fixée par la clause ou, à défaut, à la date anniversaire du bail. Sans clause, le loyer reste celui convenu à la signature pendant toute la durée du contrat et de ses reconductions, sauf accord écrit des deux parties par avenant.

La règle vaut pour la location vide comme pour la location meublée à usage de résidence principale (article 25-9 de la loi du 6 juillet 1989). En meublé, le forfait de charges, lorsqu'il a été choisi, peut être révisé chaque année selon les mêmes règles. L'indice est obligatoirement l'IRL : un bail d'habitation ne peut pas indexer le loyer sur l'indice du coût de la construction ou sur un autre indice.

La pratique emploie indifféremment les mots « révision » et « indexation ». Même rédigée comme automatique, la clause suppose que le bailleur manifeste sa volonté d'appliquer la hausse dans le délai d'un an prévu par la loi. Le bail commercial obéit à des règles distinctes, présentées dans notre guide sur le bail commercial.

L'indice de référence des loyers : définition et dernières valeurs

L'IRL correspond à la moyenne, sur les douze derniers mois, de l'évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. L'Insee le publie chaque trimestre, et sa valeur paraît au Journal officiel. Le trimestre de référence est celui indiqué dans le bail ; lorsque le contrat reste muet, il s'agit du dernier indice publié à la date de signature.

Entre le troisième trimestre 2022 et le premier trimestre 2024, la loi avait plafonné la variation de l'indice à 3,5 % en métropole. Ce plafonnement a pris fin et l'indice évolue de nouveau librement, à un rythme nettement plus modéré depuis 2025. Le tableau ci-dessous reprend les valeurs applicables en métropole ; la Corse et les départements d'outre-mer disposent d'indices propres.

L'indice de référence des loyers : définition et dernières valeurs
TrimestreIRL (métropole)Variation sur un an
2e trimestre 2024145,17+ 3,26 %
3e trimestre 2024144,51+ 2,47 %
4e trimestre 2024144,64+ 1,82 %
1er trimestre 2025145,47+ 1,40 %
2e trimestre 2025146,68+ 1,04 %
3e trimestre 2025145,77+ 0,87 %
4e trimestre 2025145,78+ 0,79 %
1er trimestre 2026146,60+ 0,78 %
2e trimestre 2026148,37+ 1,15 %

Le calcul du loyer révisé, pas à pas

Le nouveau loyer hors charges se calcule en multipliant le loyer en cours par l'IRL du trimestre de référence de l'année de révision, puis en divisant par l'IRL du même trimestre de l'année précédente. Pour un bail dont le trimestre de référence est le deuxième, un loyer de 600 € révisé en 2026 devient 600 × 148,37 ÷ 146,68, soit 606,91 €.

Seul le loyer principal est concerné. Les provisions pour charges suivent leur propre logique : elles sont ajustées lors de la régularisation annuelle, à partir des dépenses réelles. La révision porte sur le loyer effectivement payé à la date de révision, y compris les révisions régulièrement appliquées les années précédentes.

La demande se fait par écrit, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception ou par courriel dont la réception peut être prouvée. Elle mentionne les deux indices utilisés, le calcul et la date d'application. Un calcul transparent évite la plupart des contestations ; le locataire vérifie facilement les valeurs sur le site de l'Insee ou de l'ANIL.

Un délai d'un an, sans rattrapage possible

Depuis la loi ALUR de 2014, le bailleur dispose d'un an à compter de la date convenue pour la révision pour manifester sa volonté de l'appliquer. Passé ce délai, il est réputé avoir renoncé à la révision de l'année écoulée. Lorsqu'il la demande dans l'année, la hausse prend effet à la date de sa demande, et les mois écoulés depuis la date anniversaire restent au loyer antérieur.

Une révision oubliée se perd définitivement. L'année suivante, le calcul repart du loyer réellement payé et de la seule variation de l'indice sur douze mois : l'écart se répercute ainsi sur toute la suite du bail. Pour un bailleur qui gère seul plusieurs logements, un échéancier des dates de révision constitue la meilleure protection ; la gestion locative par le notaire intègre ce suivi.

Symétriquement, le locataire qui a payé une hausse irrégulière, par exemple rétroactive ou appliquée à un logement classé F ou G, peut en demander le remboursement. L'action en paiement des sommes dues au titre du bail se prescrit par trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Logements classés F ou G : le gel du loyer

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 a interdit toute hausse de loyer dans les logements les plus énergivores. Pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole, et depuis le 1er juillet 2024 dans les départements d'outre-mer, un logement classé F ou G ne peut faire l'objet d'aucune révision annuelle, d'aucune majoration pour travaux et d'aucune réévaluation au renouvellement du bail.

Le gel dure tant que le logement conserve sa classe. Des travaux de rénovation suivis d'un nouveau diagnostic permettent de retrouver le droit de réviser le loyer pour les échéances suivantes. Le mode de calcul du DPE évolue lui aussi : le coefficient de conversion de l'électricité, déjà abaissé à 1,9, passera à 1,7 au 1er janvier 2027. Les logements chauffés à l'électricité peuvent ainsi gagner une ou deux classes, et un DPE existant peut être mis à jour gratuitement sur l'observatoire DPE-Audit de l'Ademe.

Le gel s'ajoute au calendrier d'interdiction de louer : les logements classés G sont exclus du marché locatif depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F le seront au 1er janvier 2028 et les logements classés E au 1er janvier 2034. Notre guide sur le DPE et le calendrier des interdictions de louer détaille ces échéances.

Travaux et renouvellement : les autres hausses possibles

En cours de bail, une majoration de loyer peut rémunérer des travaux d'amélioration réalisés par le bailleur, à condition qu'une clause du bail ou un avenant signé avec le locataire en fixe le montant et les modalités (article 17-1, II, de la loi du 6 juillet 1989). Des travaux d'économie d'énergie peuvent aussi donner lieu, sous conditions strictes, à une contribution du locataire au partage des économies de charges.

Au renouvellement du bail, le loyer ne peut être réévalué que s'il est manifestement sous-évalué par rapport aux loyers du voisinage pour des logements comparables (article 17-2). Le bailleur adresse sa proposition au moins six mois avant le terme, avec des références de loyers ; la hausse s'étale ensuite par tiers ou par sixième selon la durée du bail, et par sixième dès qu'elle dépasse 10 %. En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation d'Eure-et-Loir peut être saisie gratuitement avant tout recours au juge. Dans les communes classées en zone tendue, des règles supplémentaires encadrent le loyer lors du renouvellement et de la relocation.

Rédiger une clause de révision fiable

Une clause bien rédigée précise la date annuelle de révision, le trimestre de référence de l'IRL et la valeur de l'indice retenue à la signature. Elle rappelle que la révision suppose une demande du bailleur et s'articule avec la clause relative aux charges. Lorsque le logement est classé F ou G, le bail mentionne l'interdiction de révision tant que la classe n'a pas évolué.

Dans un bail notarié, la clause de révision fait partie d'un acte authentique doté de la force exécutoire : le loyer révisé, régulièrement notifié, peut être recouvré par un commissaire de justice sans jugement préalable en cas d'impayé. Nous rédigeons ces baux pour des logements situés à Chartres, dans Chartres métropole et dans toute l'Eure-et-Loir, et vérifions à cette occasion le diagnostic de performance énergétique et la cohérence du loyer avec les règles en vigueur.

Exemple chiffré

Deux révisions successives, et le coût d'un oubli

Un appartement du centre de Chartres est loué 800 € hors charges par un bail signé le 1er octobre 2024. La clause prévoit une révision au 1er octobre de chaque année, sur l'IRL du deuxième trimestre (145,17 au 2e trimestre 2024). Le logement est classé D.

Révision au 1er octobre 2025 : 800 × 146,68 ÷ 145,17
808,32 €
Révision au 1er octobre 2026 : 808,32 × 148,37 ÷ 146,68
817,63 €
Loyer 2026 si la révision de 2025 a été oubliée : 800 × 148,37 ÷ 146,68
809,22 €
Écart mensuel dû à l'oubli
8,41 €
Écart sur un an, reconduit ensuite chaque année
100,92 €
Loyer si le logement était classé F ou G
800 € (aucune révision)

La hausse annuelle reste modeste, mais une révision omise diminue durablement le loyer : la perte se reproduit sur toute la durée du bail. Une révision demandée le 1er décembre 2026 au lieu du 1er octobre ne s'appliquerait qu'à partir de décembre, sans rappel pour octobre et novembre.

Questions fréquentes

Le locataire peut-il refuser la révision du loyer ?

Lorsque le bail contient une clause de révision et que le bailleur respecte l'indice, la date et le délai d'un an, la hausse s'impose au locataire. Celui-ci peut contester un calcul erroné, une révision rétroactive ou une hausse appliquée à un logement classé F ou G. En cas de désaccord persistant, la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Chartres, peuvent être saisis.

Mon bail ne prévoit aucune révision : puis-je augmenter le loyer ?

Le loyer reste alors fixe pendant la durée du bail et de ses reconductions. Une hausse suppose un avenant signé par le locataire, qui reste libre de refuser. Au renouvellement, une réévaluation est possible si le loyer est manifestement sous-évalué, selon la procédure de l'article 17-2 de la loi du 6 juillet 1989. Pour un nouveau bail, nous insérons systématiquement une clause de révision précise.

J'ai oublié de réviser le loyer depuis deux ans : que puis-je récupérer ?

Les révisions des années dont le délai d'un an est expiré sont perdues. Vous pouvez en revanche demander la révision de l'année en cours, si la date prévue remonte à moins d'un an : la hausse s'applique à compter de votre demande et se calcule sur le loyer effectivement payé, avec la variation de l'IRL sur douze mois. Le calcul repose sur la seule variation de l'indice au cours des douze derniers mois.

Mon logement est passé de F à E après des travaux : puis-je réviser ?

Oui, pour les échéances postérieures au nouveau diagnostic classant le logement en E ou mieux. Le nouveau DPE doit être établi par un diagnostiqueur certifié, ou résulter de la mise à jour prévue par la réglementation, puis communiqué au locataire. Les hausses non appliquées pendant la période de gel restent perdues : la révision repart du loyer en cours.

La révision s'applique-t-elle aussi en location meublée ?

Oui. Le bail d'un logement meublé loué comme résidence principale suit les mêmes règles : clause nécessaire, IRL, révision annuelle, délai d'un an et gel pour les logements classés F ou G. Le forfait de charges, lorsqu'il a été retenu, se révise selon les mêmes modalités. Le guide sur la location meublée en 2026 présente le régime fiscal de ces loyers.

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Sources

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