L'essentiel
- Un PER ouvert sous forme de contrat d'assurance est versé aux bénéficiaires désignés, en dehors de la succession ; un PER bancaire, ouvert sous forme de compte-titres, rejoint l'actif successoral et supporte les droits de succession ordinaires.
- Si le titulaire d'un PER assurance décède avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit 152 500 € en franchise, tous contrats confondus, puis supporte un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà (article 990 I du Code général des impôts).
- S'il décède après 70 ans, l'ensemble du plan relève de l'article 757 B : les versements entrent dans les droits de succession pour la fraction qui dépasse un abattement global de 30 500 €, quelle que soit la date à laquelle ils ont été effectués.
- Le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficiaires sont exonérés, sous les deux régimes.
- Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable (loi de finances pour 2026).
Ce que devient un PER au décès de son titulaire
Le plan d'épargne retraite, créé par la loi PACTE de 2019 et régi par les articles L224-1 et suivants du Code monétaire et financier, existe sous deux formes. Le PER assurance est un contrat d'assurance de groupe souscrit auprès d'un assureur ; le PER bancaire est un compte-titres ouvert auprès d'une banque ou d'une société de gestion. Cette distinction, souvent négligée à la souscription, commande tout le régime du plan au décès.
Avant le départ en retraite, le décès du titulaire met fin au plan. Les sommes du PER assurance sont versées aux bénéficiaires désignés dans le contrat, en capital ou sous forme de rente selon ses stipulations. Celles du PER bancaire intègrent la succession et reviennent aux héritiers ou légataires, suivant la dévolution légale ou votre testament.
Après la liquidation, tout dépend de l'option retenue au moment de la sortie. Un capital déjà perçu fait partie de votre patrimoine comme toute autre somme. Une rente viagère s'éteint au décès, sauf si vous avez choisi une réversion au profit d'un proche ou des annuités garanties, qui prolongent le service de la rente au profit du bénéficiaire désigné.
La clause bénéficiaire du PER assurance
Le PER assurance fonctionne, au décès, comme une assurance-vie : le capital revient au bénéficiaire désigné, en vertu d'un droit propre, et reste en dehors de la succession (article L132-12 du Code des assurances). La rédaction de la clause bénéficiaire détermine donc qui recevra l'épargne, dans quelles proportions et avec quelle fiscalité.
La clause type désigne souvent le conjoint, à défaut les enfants, à défaut les héritiers. Elle convient à de nombreuses familles, mais elle mérite d'être relue après un mariage, un divorce, une naissance ou une recomposition familiale. Une désignation nominative, une répartition par parts, une clause démembrée ou le dépôt d'une clause détaillée chez le notaire répondent à des situations plus complexes. Notre guide sur la rédaction de la clause bénéficiaire présente ces options, et celui sur la clause bénéficiaire démembrée détaille le schéma qui donne l'usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants.
Tant que le bénéficiaire n'a pas accepté la désignation avec votre accord, vous pouvez la modifier librement, par avenant auprès de l'assureur ou par testament.
Décès avant 70 ans : le prélèvement de l'article 990 I
Lorsque le titulaire d'un PER assurance décède avant son soixante-dixième anniversaire, les sommes versées aux bénéficiaires relèvent du prélèvement de l'article 990 I du Code général des impôts, comme les primes d'assurance-vie versées avant 70 ans. L'administration fiscale le précise dans ses commentaires sur les contrats d'assurance (BOI-TCAS-AUT-60).
Chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €. Cet abattement est global : il couvre l'ensemble des contrats d'assurance-vie et des PER relevant de l'article 990 I dont la même personne est bénéficiaire du chef du même assuré. Au-delà, le prélèvement atteint 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable, puis 31,25 %.
Le conjoint marié et le partenaire de PACS échappent à ce prélèvement. Pour un enfant, un PER de taille moyenne se transmet ainsi fréquemment en franchise totale, en plus de l'abattement de 100 000 € dont il bénéficie sur la succession.
Décès après 70 ans : l'article 757 B pour l'ensemble du plan
Pour un PER assurance, l'âge retenu est celui du titulaire au jour du décès. S'il décède après 70 ans, l'article 757 B du Code général des impôts s'applique à l'ensemble du plan, y compris aux versements effectués des années plus tôt. La règle diffère de celle de l'assurance-vie, où chaque prime conserve le régime correspondant à l'âge de l'assuré au jour de son versement.
Les versements entrent alors dans l'assiette des droits de succession de chaque bénéficiaire, pour la fraction qui excède 30 500 €. Cet abattement unique est partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats relevant de l'article 757 B, assurances-vie alimentées après 70 ans comprises. Les droits se calculent ensuite selon le lien de parenté, après l'abattement personnel de chaque héritier, par exemple 100 000 € pour un enfant.
L'écart peut être sensible pour une famille dont le patrimoine consomme déjà les abattements personnels. Il invite à comparer, vers 65 ou 70 ans, l'intérêt de conserver le plan, de le liquider progressivement ou de réorienter l'épargne, en lien avec votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre banquier pour le choix des supports.
Le PER bancaire : un actif de la succession
Le PER ouvert sous forme de compte-titres relève du droit commun des successions. Au décès, sa valeur figure à l'actif de la déclaration de succession et supporte les droits selon le barème applicable à chaque héritier, après son abattement personnel. L'âge du titulaire reste sans incidence sur ce régime.
Les sommes reviennent aux héritiers selon la dévolution légale, ou aux légataires désignés par testament. Pour un conjoint marié ou un partenaire de PACS, héritier ou légataire, l'exonération des droits de succession s'applique. Pour un enfant ou un tiers, le PER bancaire se révèle en général moins favorable qu'un PER assurance de même montant, notamment en cas de décès avant 70 ans.
La place du PER dans le règlement de la succession
Le capital d'un PER assurance reste hors succession : il échappe au rapport et à la réduction pour atteinte à la réserve des héritiers, sauf si les versements étaient manifestement exagérés eu égard à vos facultés (article L132-13 du Code des assurances). Notre guide sur les primes manifestement exagérées expose les critères retenus par les juges.
Pour un couple marié sous un régime de communauté, les versements financés par des revenus du ménage posent la question d'une récompense due à la communauté lors de sa liquidation. Nous examinons ce point au moment de régler la succession, en même temps que les autres contrats d'épargne et de prévoyance.
Lorsque l'article 757 B s'applique, les sommes doivent figurer dans la déclaration de succession. L'assureur verse les fonds au vu d'un certificat du service des impôts attestant l'acquittement ou la non-exigibilité des droits (article 806 du Code général des impôts). Le notaire chargé de la succession réunit ces éléments et coordonne les démarches, comme pour l'assurance-vie au décès.
Ce que change la loi de finances pour 2026
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a modifié le régime du PER individuel. Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, depuis le 1er janvier 2026. Les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur cinq ans, au lieu de trois, pour ceux constitués à compter de 2026. Par ailleurs, les prélèvements sociaux applicables aux sommes retirées du plan depuis le 1er janvier 2026 passent à 18,6 %, sous l'effet de la loi de financement de la sécurité sociale.
Pour la transmission, ces changements renforcent un calendrier déjà marqué par l'âge de 70 ans : fin de l'avantage à l'entrée, bascule du régime fiscal au décès. Le PER s'intègre ainsi dans une réflexion d'ensemble sur votre stratégie patrimoniale, où le notaire éclaire les conséquences civiles et fiscales de chaque option.
Exemple chiffré
Un PER de 160 000 € transmis à deux enfants
Veuf, M. Leroy a versé 150 000 € sur un PER assurance, dont la valeur atteint 160 000 €. Ses deux enfants sont bénéficiaires par moitié ; son épargne se limite à ce contrat. Le reste de sa succession, 400 000 €, consomme déjà l'abattement de 100 000 € de chaque enfant. Les montants suivants portent sur les seules sommes du PER.
- Décès à 68 ans : part de chaque enfant
- 80 000 €
- Abattement de l'article 990 I par enfant
- 152 500 €
- Prélèvement dû par chaque enfant
- 0 €
- Décès à 72 ans : versements retenus
- 150 000 €
- Après l'abattement global de 30 500 €
- 119 500 €, soit 59 750 € par enfant
- Droits de succession par enfant, au taux de 20 %
- 11 950 €
- Droits pour les deux enfants
- 23 900 €
À patrimoine égal, un décès après 70 ans coûte ici 23 900 € de droits sur le seul PER. L'écart justifie de faire le point sur les contrats vers 65 ans, avec le notaire pour la fiscalité et la succession, et avec votre conseiller pour les placements.
Refaire le calcul avec vos chiffres : assurance-vie au décès
Questions fréquentes
Mes héritiers paient-ils l'impôt sur le revenu sur le PER au décès ?
Le capital versé aux bénéficiaires d'un PER assurance au décès relève du régime des droits de succession ou du prélèvement de l'article 990 I, selon l'âge du titulaire, et échappe à l'impôt sur le revenu des bénéficiaires. Le PER bancaire, lui, entre dans l'actif successoral et supporte les droits de succession ordinaires, sans impôt sur le revenu pour les héritiers au titre de la transmission.
Comment savoir si mon PER est un PER assurance ou un PER bancaire ?
Les conditions générales et le relevé annuel l'indiquent : un PER assurance est un contrat d'assurance de groupe géré par un assureur, avec une clause bénéficiaire ; un PER bancaire est un compte-titres ouvert auprès d'une banque ou d'une société de gestion. En cas de doute, apportez vos relevés lors d'un rendez-vous : nous vérifions la nature de chaque contrat avant d'organiser la transmission.
Mon conjoint peut-il débloquer son propre PER à mon décès ?
Oui. Le décès du conjoint ou du partenaire de PACS figure parmi les cas de déblocage anticipé prévus par la loi : le survivant peut retirer les sommes de son propre plan avant la retraite. Cette faculté s'ajoute au capital qu'il reçoit, le cas échéant, comme bénéficiaire du PER du défunt, lui-même exonéré de droits pour le conjoint et le partenaire.
Un PER peut-il servir à avantager un enfant par rapport aux autres ?
La clause bénéficiaire permet de répartir le capital librement, et celui-ci reste hors succession. La limite tient aux versements manifestement exagérés au regard de vos revenus et de votre patrimoine, qui peuvent être réintégrés au profit des autres héritiers. Pour une transmission équilibrée entre enfants, la donation offre d'autres outils, présentés dans notre guide sur la transmission équitable entre enfants.
Faut-il clôturer son PER après 70 ans ?
La décision dépend de vos besoins de revenus, de la fiscalité de la sortie et de celle qui s'appliquerait au décès. Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles, et un décès après cet âge soumet le plan aux droits de succession au-delà de 30 500 €. Nous chiffrons les conséquences successorales ; le choix des placements relève de votre conseiller en gestion de patrimoine ou de votre banquier.
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Sources
- Service-public.gouv.fr, plan d'épargne retraite (PER), fiche F34982
- Service-public.gouv.fr, actualité du 29 avril 2026 : PER individuel, les nouvelles règles
- BOFiP, prélèvement de l'article 990 I sur les contrats d'assurance (BOI-TCAS-AUT-60)
- Code général des impôts, article 757 B (Légifrance)
- Economie.gouv.fr, fiscalité de l'assurance-vie
- Service-public.gouv.fr, droits de succession, fiche F14198