L'essentiel
- Le décès survenu à l'étranger est d'abord déclaré aux autorités du pays, qui dressent l'acte de décès local ; la famille demande ensuite sa transcription dans l'état civil français, facultative mais recommandée pour toutes les démarches en France.
- Le consulat accompagne le rapatriement du corps ou des cendres et délivre l'autorisation de transport, mais tous les frais restent à la charge de la famille ou de son assurance.
- La déclaration de succession est déposée dans les douze mois du décès survenu hors de France métropolitaine, au lieu de six mois pour un décès en métropole (article 641 du Code général des impôts).
- La loi applicable dépend de la dernière résidence habituelle du défunt, quel que soit le lieu du décès ; le notaire français que vous choisissez règle la partie française de la succession, y compris avec des héritiers qui vivent loin.
Les premiers jours : déclarer le décès sur place et prévenir le consulat
Le décès se déclare à l'officier d'état civil du lieu où il est survenu, selon les règles du pays : c'est lui qui établit l'acte de décès local. L'ambassade ou le consulat de France vous accompagne dès ce moment. Ses agents communiquent les coordonnées d'entreprises de pompes funèbres locales et internationales, une estimation du coût d'une inhumation, d'une crémation ou d'un rapatriement, et facilitent les échanges avec les autorités lorsque vous ne parlez pas la langue.
Si vous apprenez le décès par un tiers, le centre de crise et de soutien du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères répond à toute heure. Le consulat récupère aussi les papiers d'identité du défunt et peut aider à un transfert de fonds. Vérifiez sans attendre les contrats d'assistance ou d'assurance voyage, souvent attachés à une carte bancaire, à un contrat de travail ou à une mutuelle : certains prennent en charge le rapatriement, à condition d'être prévenus avant que la famille engage les frais.
Faire transcrire l'acte de décès dans l'état civil français
La transcription reporte l'acte étranger dans les registres français. Facultative, elle est recommandée par le ministère : elle met à jour l'acte de naissance du défunt, permet d'obtenir des copies françaises et simplifie la succession, les pensions de réversion et les démarches auprès des banques. La demande se fait auprès du poste consulaire compétent ou, pour certains pays, dont l'Algérie, le Maroc, la Tunisie et plusieurs États européens, directement auprès du Service central d'état civil à Nantes, qui délivre ensuite les copies et met à jour le livret de famille.
L'acte étranger reste utilisable en attendant, accompagné selon le pays d'une traduction et d'une apostille ou d'une légalisation. Entre États de l'Union européenne, le règlement (UE) 2016/1191 dispense les actes de décès de ces formalités et prévoit un formulaire multilingue qui évite souvent la traduction. Notre guide sur les documents d'état civil établis à l'étranger précise ces règles pays par pays.
Rapatrier le corps ou les cendres, ou organiser les obsèques sur place
Le transport d'un corps hors du pays suppose l'autorisation des autorités locales et un laissez-passer mortuaire délivré par le consulat. L'entreprise de pompes funèbres choisie par la famille prend en charge le cercueil adapté, les formalités sanitaires et le transport aérien. L'inhumation ou la crémation sur place, suivie du retour des cendres, reste possible et se révèle souvent plus simple ; les volontés exprimées par le défunt guident ce choix.
Ces frais incombent à la famille ou à l'assureur. Sur le plan fiscal, les frais funéraires se déduisent de l'actif de la succession dans la limite de 1 500 € ; conservez toutes les factures, avec leur traduction si nécessaire. La banque française du défunt peut aussi régler une facture d'obsèques sur ses comptes, dans une limite fixée par la réglementation, comme l'explique notre guide sur les comptes bancaires après un décès.
Retrouver le testament, en France et dans le pays du décès
Le fichier central des dispositions de dernières volontés recense les testaments et les donations entre époux confiés à un notaire français. Toute personne peut l'interroger en ligne, sur présentation de l'original ou d'une copie certifiée de l'acte de décès ; la demande coûte 18 € depuis la France métropolitaine et 15 € depuis l'étranger. Le notaire chargé de la succession procède de toute façon à cette interrogation.
Un testament peut aussi avoir été rédigé ou déposé dans le pays de résidence : chez un notaire local, un avocat, dans un registre national des testaments lorsque le pays en tient un, ou simplement parmi les papiers du défunt. Nous faisons procéder à ces recherches par un confrère ou un avocat du pays. Un testament établi à l'étranger peut produire effet en France dès lors qu'il respecte l'une des formes admises par la convention de La Haye du 5 octobre 1961.
Quelle loi pour la succession, et quel notaire pour les biens en France ?
La loi applicable se détermine indépendamment du lieu du décès. Le règlement (UE) n° 650/2012 soumet toute la succession à la loi de la dernière résidence habituelle du défunt, sauf s'il a choisi par testament la loi de sa nationalité. Un Chartrain décédé pendant un voyage au Portugal relève donc de la loi française ; un Français installé depuis vingt ans à Montréal relève en principe de la loi de son lieu de vie, sous réserve des mécanismes de renvoi. Ces règles sont détaillées dans notre guide sur la succession d'un Français résidant à l'étranger.
Pour les biens situés en France, les héritiers choisissent librement leur notaire, souvent celui du défunt ou du lieu de la maison. Il établit l'acte de notoriété, l'attestation de propriété des immeubles et la déclaration de succession ; il délivre, si nécessaire, un certificat successoral européen pour faire valoir les droits des héritiers dans les autres États de l'Union. Pour les biens situés hors de France, il travaille avec un confrère ou un avocat du pays concerné.
Douze mois pour déclarer : un délai à mettre à profit
L'article 641 du Code général des impôts fixe le délai de dépôt à six mois lorsque le décès survient en France métropolitaine, et à un an dans les autres cas, y compris un décès à l'étranger. Le délai court du jour du décès, qui ne compte pas ; le dernier jour est inclus. La déclaration est déposée auprès du service de l'enregistrement du domicile du défunt s'il vivait en France, et auprès du service des impôts des non-résidents s'il vivait à l'étranger.
Cette année supplémentaire sert surtout à réunir les pièces étrangères, souvent longues à obtenir. Le travail commence pourtant dès les premières semaines : les comptes ouverts en France restent bloqués jusqu'à la preuve de la qualité d'héritier, et les droits se paient au dépôt de la déclaration. Les intérêts et majorations en cas de retard figurent dans notre guide sur la déclaration de succession.
Coordonner une succession entre deux pays, à distance
Lorsque le défunt possédait des biens dans plusieurs pays, chaque État applique ses propres formalités : procédure d'homologation dans les pays de common law, acte de notoriété ou certificat d'hérédité ailleurs. Sur le plan fiscal, la France taxe au moins les biens situés sur son territoire ; les conventions fiscales et le crédit d'impôt de l'article 784 A du Code général des impôts limitent, selon les pays, la double imposition.
Nous menons ces dossiers à distance : premier rendez-vous en visioconférence à un horaire adapté à votre fuseau horaire, procurations reçues en ligne après identification, copies des actes transmises électroniquement. Les héritiers qui vivent loin signent ainsi sans se déplacer, selon un parcours que nous vous présentons dès le premier rendez-vous.
Exemple chiffré
Un Chartrain décédé pendant un voyage au Portugal
Bernard, veuf, vivait à Chartres. Il décède le 14 avril 2026 à Porto, au cours d'un voyage. Il laisse deux enfants, l'une à Chartres, l'autre à Montréal, une maison estimée 320 000 € et 80 000 € sur ses comptes. Les obsèques et le rapatriement coûtent 6 800 €.
- Loi applicable à la succession
- Loi française : Bernard résidait habituellement à Chartres
- Acte de décès
- Acte portugais avec formulaire multilingue, sans apostille ; transcription demandée par la famille
- Recherche du testament
- Interrogation du fichier central, 18 €
- Date limite de la déclaration
- 14 avril 2027, au lieu du 14 octobre 2026 pour un décès en France
- Actif net taxable
- 400 000 € − 1 500 € de frais funéraires déductibles = 398 500 €
- Part taxable de chaque enfant
- 199 250 € − 100 000 € d'abattement = 99 250 €
- Droits dus par chaque enfant
- 18 044,35 €
Les enfants disposent d'un an pour déposer la déclaration, mais chacun doit réunir environ 18 000 € de droits à cette date. La fille installée à Montréal signe l'acte de notoriété et la déclaration par procuration reçue à distance, sans venir en France.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement rapatrier le corps en France ?
Le choix appartient à la famille, dans le respect des volontés du défunt. L'inhumation ou la crémation dans le pays du décès est possible, et le retour des cendres est souvent plus simple et moins coûteux qu'un rapatriement du corps. Le consulat communique une estimation des coûts de chaque solution et délivre l'autorisation de transport. Les frais restent à la charge de la famille ou de l'assureur.
L'acte de décès étranger suffit-il au notaire ?
Oui, accompagné des formalités requises selon le pays : traduction par un traducteur assermenté, puis apostille ou légalisation, sauf dispense. Entre États de l'Union européenne, l'acte circule sans apostille et le formulaire multilingue évite souvent la traduction. La transcription dans l'état civil français reste la voie la plus commode, car elle permet ensuite d'obtenir des copies françaises auprès du Service central d'état civil.
Mon père vivait à l'étranger : faut-il ouvrir la succession dans son pays ?
Pour les biens situés dans son pays de résidence, une procédure locale est en général nécessaire, devant un notaire, un tribunal ou une autorité successorale selon le pays. Pour les biens situés en France, un notaire français règle la succession. Une seule loi s'applique toutefois à l'ensemble, celle de sa dernière résidence habituelle ou celle de sa nationalité s'il l'a choisie par testament. Nous coordonnons les deux volets avec le professionnel local.
Nous vivons tous à l'étranger : pouvons-nous régler la succession sans venir à Chartres ?
Oui. Chaque héritier signe par procuration notariée reçue à distance, en visioconférence, après une identification en ligne ; un collaborateur de l'étude signe ensuite les actes pour lui. Les fonds sont virés sur un compte à votre nom. Notre guide sur l'héritier vivant à l'étranger décrit ce parcours et la fiscalité propre aux héritiers non résidents.
Premier rendez-vous
Vous résidez loin de Chartres ?
Consultation en visioconférence et signature par procuration à distance.
7 rue Vintant, 28000 Chartres · 02 79 64 02 10
À l'étude ou en visioconférence. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 ; mercredi et samedi de 9 h 30 à 12 h.
Sources
- Justice.fr, que faire en cas de décès d'un proche à l'étranger ?
- France Diplomatie, décès à l'étranger
- Service-public.gouv.fr, fichier central des dispositions de dernières volontés
- BOFiP, délais pour souscrire la déclaration de succession (BOI-ENR-DMTG-10-60-50)
- Service-public.gouv.fr, évaluation de la succession et calcul des droits
- Règlement (UE) n° 650/2012 sur les successions (EUR-Lex)